Arrêt Perruche : de nombreuses réactions

Publié le : 29 novembre 2001

 » Les journées nationales d’éthique  » du Comité Consultatif National d’Ethique se tenaient hier à Montpellier. A l’annonce des décisions rendues par la Cour de Cassation, Didier Sicard, président du CCNE, déclare « c’est une catastrophe pour la société » dénonçant  » la vision qu’une société consumériste porte sur le handicap ».
Du coté des échographistes la colère gronde. Roger Bessis, président du collège français d’échographie fœtale, s’insurge :  » on n’a plus le droit d’être différent physiquement et cela devient indemnisable « . Il rajoute que « les magistrats menacent aujourd’hui trente ans de progrès en diagnostic prénatal  » et que  » le vrai pivot du débat est la prise en charge du handicapé dans notre société « . Quant au Dr Denis Aucant, radiologue et patron de la FNMR, il préfère arrêter de pratiquer l’échographie car selon son calcul  » sachant qu’un enfant concerné par une malformation peut porter plainte jusqu’à sa majorité, et qu’à dater de la plainte la responsabilité du médecin court sur trente ans… cela mène à quarante huit ans « . 
Par ailleurs, Roger Bessis s’étonne qu’ « en  France, rien ne se passe » alors que  » le parlement européen va rendre un avis sur l’arrêt Perruche, que le parlement allemand, ému par cette affaire française, va proposer une législation, avant même d’avoir été confronté à une telle situation ». 
L‘ensemble des autorités religieuses critique ouvertement ces arrêts au nom de la dignité des handicapés. Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la fédération protestante de France estime que « le handicap ne crée pas une humanité inférieure « . Mgr Vingt-Trois, président de la commission épiscopale de la famille, s’inquiète de  » la position des hauts magistrats qui reflète le fantasme contemporain d’un monde sans handicap « .
Cet arrêt est accueilli de manière particulièrement douloureuse chez les personnes handicapée dont les témoignages ont été recueilli par deux chercheuses du CNRS et de l’Inserm (Danielle Moyse et Nicole Diederich). Pour Anne-Sophie, myopathe, « avec de tels jugements, on dépossède la personne handicapée de son épaisseur humaine, on l’exclut du cercle de ceux qui ont le droit de vivre ».
Enfin, des parents d’handicapés réunis dans le Collectif contre l’handiphobie dénonce également cet arrêt affirmant qu’  » il n’y a pas de vie et de sous vie » (lire article suivant).

<p>Le Figaro 29/11/01, Libération 29/11/01, Le Parisien 29/11/01</p>

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