Anonymat du don de sperme: quelles justifications?

Publié le : 1 mars 2014

 

 Dans un grand nombre de pays, le don de sperme n’est plus anonyme: Suède, Autriche, l’Etat du Victoria en Australie, la Suisse, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, ou encore la Nouvelle-Zélande. A l’âge de 7 ans, environ la moitié des enfants savent qu’ils ont été conçus par donneur.

 

Autoriser l’accès à ses origines est-il nécessaire? Non, répond la bioéthicienne Inmaculada De Melo-Martin, dans un article paru dans The Hastings Center Report. Elle considère même qu’une politique de non-anonymat pourrait être socialement néfaste. Pour justifier cela, celle-ci avance plusieurs arguments: « le secret peut protéger d’importants aspects de la vie humaine, même s’ils peuvent aussi inviter à l’abus. En effet, les promoteurs de ces droits ne proposent pas la fin de tous les secrets de familles, ou même de tous les secrets relatifs au mode de conception« . 

 

 

A l’argument selon lequel les enfants ont besoin d’avoir accès à leurs origines pour le bien de leur santé, Inmaculada De Melo-Martin explique que cela surestime le rôle de la génétique et de la biologie dans la vie d’une personne. Elle précise: « même si les gens avaient accès à des informations précises sur leurs parents génétiques, il n’y a pas de preuve suffisante pour conclure que cet accès à l’histoire familiale améliore la prédiction du risque, change la perception qu’a la personne sur les risques et conduit à une amélioration des résultats en matière de santé« . Exiger l’accès aux origines favoriserait, selon la bioéthicienne, le « genetic essentialism« , notion controversée selon laquelle nous sommes déterminés par nos gènes. 

 

<p> Bioedge (Michael Cook) 29/03/2014</p>

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