Animaux clonés, propres à la consommation ?

Publié le 2 Jan, 2007

Selon un rapport de la Food and Drug Administration (FDA), chargée de la sécurité alimentaire aux Etats-Unis, rendu public jeudi, la viande et le lait d’animaux clonés seraient propres à la consommation. A priori, la commercialisation concernerait les animaux reproduits naturellement à partir d’animaux clonés, ceux-ci étant utilisés pour la seule reproduction (fin 2005, on dénombrait 1 500 animaux clonés nés dans le monde). Le Figaro précise que "le rapport de la FDA souligne que les animaux issus du clonage présentent plus d’anomalies au moment de la naissance, avec plus de mort-nés". "Mais, passé les premières semaines, ceux qui ont survécu ont un développement aussi normal que leurs alter ego traditionnels", ajoute la FDA. Ainsi, selon la FDA, un étiquetage spécial ne serait pas nécessaire.

Cette conclusion devrait aboutir à la levée du moratoire de 2001 sur les produits dérivés d’animaux clonés. Leur commercialisation devrait être autorisée à partir du 2 avril, après une période de 90 jours prévue pour consulter la population. Les Etats-Unis pourrait ainsi devenir le premier pays à consommer des produits alimentaires issus d’animaux clonés.

Cette nouvelle suscite un vif débat outre-Atlantique. Des sondages révèlent que 60% des Américains s’opposent au clonage animal et à la consommation de leur viande ou de leur lait. Pour l’Association des produits laitiers, "le lait issu de vaches clonées ne présente pour l’heure aucun bénéfice pour le consommateur". Par ailleurs, la technique du clonage, difficile à mettre en œuvre et peu rentable, donne bien souvent naissance à des animaux atteints de diverses pathologies. Selon Carol Foreman, responsable des questions alimentaires à la Fédération américaine des consommateurs, les études scientifiques établissant que les gestations d’animaux génétiquement modifiés donnaient souvent lieu à un avortement spontané et que nombre d’animaux clonés naissaient avec une déformation ou n’atteignaient pas l’âge adulte, ont été délibérément ignorées.

L‘exportation en Europe de tels produits devra être soumise à autorisation. Selon un rapport de l’Agence française sur la sécurité sanitaire des aliments (Afssa) publié en octobre 2005, "les données acquises, notamment sur le lait et la viande, suggèrent que les animaux descendants des clones, qui sont les seuls susceptibles d’être proposés aux consommateurs, peuvent être traités comme leurs équivalents issus des méthodes de reproduction classiques". L’Afssa souhaitait aussi que soient réalisées des études "plus approfondies".

Le Monde 30/12/06 (Hervé Morin) – Le Figaro (Martine Perez) 30&31/12/06 – La Croix 02/01/07

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