Angleterre : une enquête officielle sur les ordres « ne pas réanimer » pendant la pandémie

Publié le 22 Mar, 2021

Le 18 mars, la Care Quality Commission (CQC)[1] a publié un rapport révélant que des ordres « ne pas réanimer » (DNR[2]) avaient été émis, dans certaines maisons de soin, d’une manière indifférenciée. Ainsi, certaines personnes « n’ont pas été correctement impliquées dans les décisions ou n’étaient pas conscientes qu’une décision aussi importante concernant leurs soins avait été prise ». Face à certaines préoccupations, le ministère de la Santé et de la protection sociale avait demandé à la CQC « de procéder à un examen rapide de la manière dont les décisions de DNR ont été prises pendant la pandémie de coronavirus ».

Une augmentation des ordres « ne pas réanimer »

Le rapport, intitulé Protect, respect, connect – decisions about living and dying well during Covid-19, pointe « de sérieuses inquiétudes quant aux violations des droits de l’homme pour certaines personnes ». Il identifie une augmentation « significative » des DNR au début de la pandémie, qui sont passés de 16 876 à 26 555. Dans une maison de soins, un ordre DNR général a été appliqué à tous les résidents âgés de plus de 80 ans atteints de démence, et « 119 prestataires de services sociaux pour adultes estiment avoir été soumis à des décisions générales de DNR, imposées par les médecins généralistes à tous leurs résidents, depuis le début de la pandémie ».

En décembre 2020, la première phase de l’examen effectué par la CQC avait révélé que des ordres DNR avaient « été attribués à tort à certains résidents de maisons de soins pendant la pandémie de Covid-19, causant des décès potentiellement évitables ». Des ordres décrêtés moins à cause de « l’efficacité clinique de la réanimation cardio-pulmonaire que sur la question de savoir si la vie d’un patient atteint de démence ou d’un handicap est jugée digne d’être vécue ? », interroge Rachel Clarke, médecin spécialisé en soins palliatifs. « La réanimation est à la fois invasive et traumatisante, rappellent les professionnels de santé, avec un taux de survie de 15 à 20 % seulement lorsqu’elle est pratiquée en milieu hospitalier et un taux de réussite de 5 à 10 % lorsqu’elle est pratiquée en dehors des hôpitaux. »

Des expériences douloureuses

Le mari d’Eleanor Sturge est décédé à 62 ans après avoir contracté le Covid-19, alors qu’il vivait dans une maison de soins après avoir subi un accident vasculaire cérébral. Eleanor a transmis à la CQC la lettre reçue d’un médecin généraliste l’informant qu’après avoir consulté le dossier médical de son mari et « utilisé un algorithme informatique », il avait estimé à « moins de 1% » les chances que la réanimation réussisse. « Pour cette raison, j’ai signé un ordre de non-réanimation dans son dossier médical », lui notifiait-il.

[1] Le régulateur indépendant de la santé et de la protection sociale en Angleterre

[2] Do not resuscitate

Sources : The Guardian, Diane Taylor (18/03/2021), Rachel Clarke (19/03/2021) – Photo : Pixabay

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