[Analyse] Les recours à la FIV sont-ils abusifs?

Publié le : 4 février 2014

 Un groupe d’experts sur les questions de fertilité ont publié une analyse révélant que les recours à la Fécondation in vitro (FIV) se sont accrus de manière phénoménale alors qu’ils ne pas toujours justifiés. Or les risques pour la santé de la femme et de l’enfant sont non négligeables. Les auteurs de la publication se demandent donc si les risques encourus par ces FIV pratiquées en excès ne l’emporteraient pas sur leurs bénéfices?

 

Le Dr. Esme Kamphuis (Université d’Amsterdam) et ses collègues, experts internationaux en médecine reproductive, ont publié une analyse plaidant pour un recours modéré aux FIV, notamment dans les cas de sous-fertilité inexpliquée. Le nombre de FIV a beaucoup augmenté*. Or cette augmentation concerne pour la plus grande part des cas de sous-fertilité masculine, de fonction ovarienne vieillissante et de sous-fertilité inexpliquée, raisons qui ne présentent « aucun obstacle absolu à la conception qui puisse être prouvé ».  
 

 

Risques sanitaires. La plus-value d’une FIV n’est pas remise en cause pour les femmes ayant leurs trompes de fallope obstruées et pour de nombreuses causes d’infertilité masculine. Mais les auteurs insistent sur les liens importants entre l’accroissement des risques pour la santé des mères et des enfants dès lors qu’il y a un recours à la FIV. L’article met aussi en évidence la concurrence entre les considérations court-termistes de la rentabilité immédiate de l’argent engagé dans la procédure de FIV récompensé par une grossesse, et les considérations long-termistes sur la santé de la mère et de l’enfant. Parmis ces risques, figurent les « grossesses multiples –dues à l’implantation de plusieurs embryons- dont la corrélation avec les diabètes gestationnels, la pré-éclampsie, et les atteintes au développement du fœtus a été montrée ».  En revanche, « l’implantation d’un seul embryon risque de finir en fausse couche et augmente de 50 à 70% les risques de prématurité »

 

 

En conclusion, les docteurs demandent à ce que les cas de sous-fertilité inexpliquée ne soient pas traités par FIV. Ils en appellent aussi à la prudence dans les autres cas, « tant que tous ces problèmes ne trouveront pas de solutions, et que les bénéfices pour les couples sont incertains ou que les chances de procréation naturelle sont raisonnables ».

 

*Entre 1978 et 2003, un million d’enfants sont nés d’une FIV. En 2005, 2 ans plus tard, un million de plus était né par FIV. On estime à 5 millions le nombre d’enfants né d’une FIV à la fin de 2013.

 

<p> BMJ (Dr Esme Kamphuis et ses collègues) 28/01/2014 - BioNews (Chris Hardy) 03/02/2014</p>

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