Allemagne: débat sur les « boîtes à bébés »

Publié le : 3 juin 2013

 Les « boîtes à bébés », courante en Europe depuis le Moyen-Age avant de disparaître à la fin du XIXème siècle, permettent aux mamans de déposer anonymement leur bébé, dès la naissance. L’Allemagne, pionnière dans les années 1990 des « babyklappe », compte actuellement une centaine de « boîte à bébés ». L’hôpital Waldfrede notamment, situé dans un quartier résidentiel de Berlin, où des bébés peuvent être déposés par leur maman, a accueilli plus d’une vingtaine de nouveaux-nés. Le fonctionnement: lorsqu’une maman dépose son enfant « une alarme se déclenche alors en quelques secondes. Il faut deux à trois minutes aux infirmières pour venir récupérer le bébé, un laps de temps suffisant pour que la mère puisse s’éloigner dans être vue« .

Mais la pratique est critiquée par l’ONU [Organisation des Nations Unies] car « [elle] ne permet pas à l’enfant de connaître ses origines« , un principe reconnu par la Convention internationale des droits de l’enfant . « La loi allemande, [quand à elle] oblige normalement les sages-femmes à enregistrer le nom de la mère« . Mais près de 130 hôpitaux pratiquent des accouchements sous X en préservant l’anonymat définitif de la mère. C’est donc « pour respecter le droit de l’enfant à connaître ses origines [que] le gouvernement d’Angela Merkel a récemment adopté un projet de loi qui, s’il est adopté par les députés, fournira un cadre légal à l’accouchement ‘confidentiel’ « . Par conséquent, une femme pourra accoucher anonymement, « mais ses données personnelles seront conservées pendant seize ans« . A l’issue de ce délai, « un enfant aura le droit de connaître le nom de sa mère« .

 

Pour la député conservatrice Ingrid Fischbach, ce projet de loi permet à la fois « de prendre en compte le souhait d’anonymat de la mère et le droit de l’enfant à connaître ses origines« .

 

Gabriele Stangl estime quant à elle « que le droit à la vie prime sur le droit à connaître ses origines. […] Je ne crois pas qu’un enfant doive tomber dans un trou psychologique uniquement parce qu’il ne sait pas d’où il vient. Quand il grandit dans une famille adoptive qui lui dit la vérité et lui donne beaucoup d’amour, il peut malgré tout devenir un être très stable.« 
 

<p> Lemonde.fr 31/05/2013 </p>

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres