Alain-Gérard Slama : à quoi sert le CCNE ?

Publié le : 20 juillet 2011

Dans une chronique du Figaro, Alain-Gérard Slama, membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), défend celui-ci contre les critiques d’inutilité qui ont surgi lors de la présentation de l’avis 112, lequel ne donnait aucune recommandation au législateur en matière de régulation de la recherche sur l’embryon. "Au reproche de la complexité s’est ajouté celui de la division", estime-t-il en regrettant que les réserves émises par 11 des membres du CCNE ait suscité "une surprise qui rend manifeste la disproportion entre les attentes d’un public en quête de réponses et la vocation d’une instance qui ne saurait sans abus faire entrer la métaphysique dans le champ de ses attributions".

Il considère pour sa part que l’avis 112 est "aussi clair que passionnant" et qu’il conviendrait d’apprécier davantage "la qualité, le désintéressement et l’investissement personnel de ses membres les plus éminents." "Chacun en effet a conscience d’être confronté au défi lancé à l’humanité par les progrès exponentiels de la biologie et de la génétique, dans la connaissance et la maîtrise qu’il lui faut préserver d’elle-même".

Selon lui, de par son fonctionnement, le CCNE est le plus à même de résister à la triple tentation, "constamment présente dans les laboratoires ou dans les groupes associatifs, de défendre l’intérêt exclusif d’une recherche, ou de poser un point de vue moral absolu en ignorant les contraintes de l’éthique de responsabilité, ou encore de prétendre décider de l’indécidable, qui est le propre des croyances religieuses." Il n’y a donc pas de risque pour que le rôle de "table d’orientation" du CCNE le rende "conservateur par nature" : il existe un "bon usage" du CCNE "qui exclut de mettre le rappel des principes de respect, de dignité, au service d’une utopie normalisatrice. La loi ne doit intervenir que dans le champ du non négociable. […] Le reste est du domaine de la conscience. Plutôt que d’attendre du CCNE des instruments pour légiférer, le pouvoir politique serait mieux inspiré de renforcer son prestige et son audience."

Le Figaro 08/12/10

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