Canada : 1200 euthanasies en plus, 149 millions de dollars de frais de santé en moins

Publié le : 21 octobre 2020

Un rapport publié mardi estime que l’élargissement de l’accès à l’ « aide médicale à mourir » au Canada devrait provoquer environ 1200 décès supplémentaires en 2021. Ce rapport a été publié par le Directeur Parlementaire du Budget, dans le but « d’estimer les répercussions de cette modification sur les coûts des soins de santé ». 6465 décès assistés sont déjà prévus en  2021 en vertu de la loi actuelle, auxquels devraient s’ajouter 1164 décès liés à l’assouplissement proposé la semaine dernière (cf. Suicide assisté au Canada : le critère de mort naturelle « raisonnablement prévisible » supprimé ?).

Globalement, « les budgets provinciaux de la santé devraient réaliser des économies de 149 millions de dollars » en 2021, si ces prévisions se réalisent. Principalement via la diminution des soins palliatifs. En effet, estime le rapport, « les coûts des soins pendant la dernière année de vie (spécialement le dernier mois) (…) représentent entre 10 et 20 % du total des coûts en santé, alors que les personnes qui reçoivent ces soins ne forment qu’environ 1 % de la population ». Le Directeur Parlementaire du Budget se défend cependant de promouvoir l’ « aide médicale à mourir » dans un objectif de réduction des coûts. Le rapport signale également que depuis la dépénalisation de l’ « aide médicale à mourir » il y a plus de quatre ans, les coûts des soins de santé ont déjà diminué de 86,9 millions de dollars.

La pandémie actuelle pourrait cependant interférer dans ces prévisions, à la hausse comme à la baisse. Les personnes décédées du COVID en 2020 avaient des comorbidités qui les auraient peut-être poussées à demander l’ « aide médicale à mourir » en 2021. Il pourrait également y avoir en 2021 « une hausse des décès liés aux cancers en raison d’une baisse des admissions pour des traitements de chimiothérapie » à cause du COVID.

Inacceptable dans une société soucieuse du bien commun

Le 14 octobre dernier, les évêques canadiens ont co-signé une « lettre ouverte à tous les Canadiens », avec les responsables religieux d’autres confessions. Ils y rappellent qu’ils s’opposent « absolument à l’euthanasie et au suicide assisté… qui n’est en réalité, rien de moins qu’un meurtre… ». Ils alertent également sur le « préjudice pour les personnes handicapées ». En effet « proposer l’euthanasie ou le suicide assisté aux personnes affectées d’une déficience ou d’une maladie chronique, mais qui ne sont pas mourantes, revient à les vouer à un destin pire que la mort ». Cela ne pourra qu’« engendrer des pressions pour faire accepter les procédures létales » estiment-ils. Sachant que « le gouvernement fédéral envisagera bientôt d’étendre l’euthanasie aux “mineurs matures” et aux personnes qui n’ont d’autre infirmité qu’une maladie mentale », ils ont dénoncé « l’élimination délibérée de la vie humaine comme solution à la souffrance humaine ». « Cela n’est pas seulement profondément troublant, insistent-ils ; c’est inacceptable pour une société soucieuse du bien commun de toute personne ». Les évêques rappellent également que « les soins palliatifs administrés avec une compassion, une générosité et une compétence sans faille expriment le meilleur de ce que nous sommes », appelant chacun « à donner un sens à la vie jusqu’à la fin ».

 

Sources : L’actualité (20/10/2020) ; Huffington Post (20/10/2020) ; Global News, Katie Dangerfield (20/10/2020) ; La Croix (20/10/2020)

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