Agence de la biomédecine : rapport annuel 2006 – Bilan des activités

Publié le : 1 octobre 2007

L’Agence de la biomédecine vient de rendre public son rapport annuel d’activité 2006, premier exercice plein de l’Agence, marqué en particulier par le décret du 6 février 2006 lui donnant compétence pour délivrer les autorisations de recherche sur les embryons et les cellules souches embryonnaires.

 

Recherche sur l’embryon

 

Le rapport rappelle que l’obtention de cellules souches embryonnaires implique la destruction de l’embryon, actuellement au cinquième jour après la fécondation, d’où les interrogations éthiques. En 2006, 30 autorisations de recherche ont été données à 14 équipes. En comptant les travaux autorisés dans le cadre du dispositif transitoire mis en place par la loi de 2004 (autorisation à titre exceptionnel d’importation d’embryons pour la recherche), 32 protocoles de recherche et 70 autorisations ont été accordées en 2 ans. Le rapport détaille tous ces protocoles de recherche dont l’un établit des modèles hommes/souris afin d’étudier l’infection par le VIH. La première publication des résultats d’une de ces équipes qui travaille sur la différenciation des cellules souches embryonnaires en cellules cardiaques est intervenue en juin 2006, dans la revue Stem Cells, se félicite Carine Camby, directrice générale de l’Agence.

 

Prélèvement d’organe à cœur arrêté

 

Les premiers prélèvements sur donneurs à cœur arrêté ont été réalisés en 2006. Afin d’augmenter le nombre d’organes disponibles pour les greffes, le prélèvement d’organes sur des sujets « à cœur arrêté », c’est-à-dire décédés d’un arrêt cardio-circulatoire et non par mort encéphalique, est possible depuis le décret du 2 août 2005, qui autorise en particulier les équipes médicales à mettre en place des moyens de préservation des organes en attendant l’entretien avec les proches. Fin 2005, le protocole concernant le prélèvement de reins sur patients décédés à cœur arrêté a été validé et 9 sites hospitaliers volontaires en testent la faisabilité (La Pitié, Bicêtre, Saint Louis, Lyon, Nancy, Strasbourg, Marseille, Nantes et Bordeaux). En décembre 2006, un premier prélèvement à cœur arrêté s’est déroulé avec succès aux Hospices civils de Lyon. Plusieurs autres ont suivi à Lyon, Paris et Angers. En 2007, le prélèvement de foie devrait également démarrer, après élaboration d’un protocole médical.

 

Greffe de sang de cordon 

 

Si l’augmentation du nombre de greffons de sang placentaire se poursuit, avec un objectif de doublement rapide du nombre d’unités conservées, les chiffres sont encore très modestes : 5 737 unités de sang placentaire sont actuellement conservées en France, dont 626 nouvelles en 2006, alors que 252 000 unités sont conservées dans l’ensemble des banques internationales. Le rapport souligne pourtant que ″les perspectives thérapeutiques se sont considérablement élargies en matière de greffe de sang placentaire, aussi le nombre croissant de greffes de sang placentaire chez l’adulte impose l’actualisation de la stratégie de développement du réseau français de sang placentaire« .

 

Diagnostic préimplantatoire 

 

En 2005, 193 couples ont été pris en charge, dans les trois centres autorisés de Paris, Montpellier et Strasbourg, 134 transferts d’au moins 1 embryon indemne de la maladie ont été recensés, et 32 femmes ont accouché de 39 enfants nés vivants.

 

Interruption médicale de grossesse 

 

6441 interruptions médicales de grossesse (IMG) ont été réalisées en 2005, soit une augmentation de 7,5% par rapport à 2004. 60% de ces IMG sont pratiquées avant 22 semaines d’aménorrhée et 6,5% au delà de 31 semaines d’aménorrhée. Malgré la délivrance d’une attestation d’interruption médicale de grossesse, 411 couples ont souhaité poursuivre la grossesse : 56,1% des grossesses ainsi poursuivies ont donné un enfant vivant au dernier suivi, 15,2%, sa mort fœtale in utero et 28,7%, sa mort néonatale précoce ou tardive.

 

Les chiffres de l’AMP avec donneur

 

En 2005, 19 026 enfants sont nés des techniques d’AMP, ce qui représente 2,4% des 807 400 naissances enregistrées en France, soit 1 enfant sur 40. Parmi eux, 1 enfant  sur 625 né en 2005 a été conçu avec tiers donneur (317 avec don de sperme dans le cadre d’une fécondation in vitro, 900 enfants après insémination artificielle avec sperme de donneur, soit 11% de la totalité des inséminations artificielles réalisées en 2005 et 100 avec don d’ovocyte.

 

Embryons stockés

 

Au 31 décembre 2005, 141 460 embryons étaient conservés dont plus de 55 000 (39,3%) « sans projet parental » connu et donc a priori « disponibles » pour la recherche.

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