Affaire N. Bonnemaison : la parole est donnée au député J.Leonetti et au Pr Didier Sicard

Publié le : 20 juin 2014

Parallèlement à l’affaire Vincent Lambert, patient tétraplégique dont la vie est entre les mains du Conseil d’Etat (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 20/06/2014), l’affaire N. Bonnemaison suit son court devant la Cour d’assise des Pyrénées-Atlantique. Pour rappel, N. Bonnemaison est un médecin urgentiste, accusé d’avoir pratiqué l’euthanasie sur sept patients en fin de vie.

 

Mardi 17 et mercredi 18 juin, la cour a interrogé le député Jean Leonetti – auteur de la loi de 2005 sur la fin de vie – et le Pr Didier Sicard. 
Ainsi, le député Jean Leonetti a précisé : « Nicolas Bonnemaison n’est pas un assassin mais dans un contexte particulier il a choisi l’illégalité, la transgression« . Après avoir expliqué les principes de la loi du 22 avril 2005, le député Jean Leonetti a été interrogé par le président de la cour, Michel le Maître: « est-il obligatoire de consulter d’autres médecins en cas de décision de sédation pour des patients en phase terminale?« . A cette question, J. Leonetti a répondu que la ‘collégialité’ – qui s’impose en cas d’arrêt des traitements – ne l’est pas s’agissant de l’administration d’une substance visant à soulager le patient mais pouvant avoir comme effet secondaire la mort. Pour autant, il estime que N. Bonnemaison a violé le droit pénal : « il a donné la mort à des malades qui ne la demandaient pas (…) il a choisi l’illégalité » a-t-il déclaré. Par son acte,  » ‘l’urgentiste a pratiqué une médecine qui n’a plus cours, datant d’une époque où les soins palliatifs étaient rares, une médecine ‘ayant du mal à résister à sa toute puissance‘  » a poursuit J. Leonetti. Aujourd’hui, le travail en équipe est essentiel dans les hôpitaux : « si on fait ça tout seul, un jour on fait une erreur« .

 

De son côté, le Pr Didier Sicard a tenu à revenir sur les lois Kouchner de 2002 et Leonetti de 2005: la première a permis de « rétablir l’équilibre dans la société et la médecine« ; la seconde est « très réputée à l’étranger » et « de grand qualité » car elle définit des « choix clairs » sur la fin de vie. Cependant, elle est « ignorée par la plupart des médecins et par le grand public« . Ainsi, « la fin de vie est laissée à l’improvisation des équipes médicales« .

Sur le procès de N. Bonnemaison, le Pr D. Sicard ne s’est pas prononcé sauf à préciser que « laisser un médecin tout seul, en lui abandonnant les malades les plus graves, peut aboutir à ce genre de désastre. » 
En conclusion, il faut, selon lui, pour que ce procès ait un sens, « que la médecine affronte cette capacité d’aider à mourir« , que les actes de « sédation en phase terminale » puissent être réalisés de « façon plus transparente » et que « cesse ‘la clandestinité’ « . 

<p>legeneraliste.fr 11/06/2014 et 19/06/2014 - leparisien.fr 19/06/2014</p>

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