Bientôt un patch pour refermer le spina bifida in utero ?

Publié le : 2 décembre 2020

Des chercheurs viennent de mettre au point un patch en gel qui pourrait protéger la moelle épinière des fœtus in utero, en cas de spina bifida. Chez les enfants atteints de cette affection, le tube neural protégeant la moelle épinière ne se ferme pas comme il devrait, pendant les premières semaines de vie embryonnaire. « Les nerfs de la moelle épinière restent donc exposés aux dommages potentiels des mouvements du fœtus et du liquide amniotique environnant ». Aujourd’hui il est possible de refermer chirurgicalement le spina bifida, généralement peu de temps après la naissance. Mais « l’idéal serait de protéger la zone vulnérable pendant la grossesse, afin de protéger la moelle épinière en développement ».

Le Dr Dario Fauza, chirurgien au Children’s Maternal Fetal Care Center de Boston, a développé un « adhésif chirurgical » qui permet une « adhésion sélective uniquement à la périphérie du défaut de spina-bifida, mais pas à la moelle épinière ». En effet, « l’environnement fœtal pose des défis uniques pour les adhésifs chirurgicaux, en particulier dans le cas du spina-bifida, explique le Dr Fauza. Ces défis comprennent l’exposition continue au liquide amniotique, chimiquement complexe, et le taux de croissance rapide du fœtus dans les derniers stades de la grossesse. »  Ce gel, inspiré des sécrétions de la limace a été développé au Wyss Institute for Biologically Inspired Engineering et à la Harvard School of Engineering and Applied Sciences (SEAS).

Le patch est composé de deux éléments : un hydrogel et un polymère adhésif. Une première étude a été réalisée sur des lapins atteints de spina bifida, publiée dans le Journal of Pediatric Surgery. Lors de l’étude, le gel s’est avéré « durable, solide et flexible ». Les patchs « ont fermement adhéré aux bords de la lésion de spina-bifida. Au fur et à mesure de la croissance du fœtus, le gel s’est dilaté et est resté en place chez 70 % des animaux testés (et finalement, lorsque les chirurgiens ont perfectionné leur technique, chez 100 % d’entre eux) ». De plus, aucune inflammation ou toxicité n’a été relevée.

La prochaine étape sera le test sur des animaux plus grands, et avec une durée de gestation plus longue. Puis le développement d’une technologie permettant d’introduire le patch moins invasive que la chirurgie ouverte.

Source : Medical Press, Nancy Fliesler, Hansjörg Wyss Institute for Biologically Inspired Engineering (01/12/2020)

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