IVG après 12 semaines : plus que des réticences

Publié le : 2 novembre 2020

Lors des IVG tardives, « après 12 semaines d’aménorrhée, le système nerveux est déjà bien formé, ce qui rend hautement probable la souffrance du fœtus, surtout par la méthode instrumentale » (cf. Unplanned : le film cash sur l’avortement arrive en France), explique le Pr Claude Huriet, néphrologue et ancien sénateur de Meurthe et Moselle. Il ajoute : « Au-delà de la 10e semaine, l’aspiration par une canule est impossible, l’ossification de la tête du fœtus rend le geste médical aussi délicat techniquement que psychologiquement ». L’avortement dans ces conditions impose « des précautions médicales renforcées » avec notamment « l’existence d’un plateau technique chirurgical (…) le recours à la discipline d’anesthésie-réanimation » et… des compétences.

Alors que la proposition de loi Battistel et Muschotti a inscrit au calendrier parlementaire l’allongement des conditions de l’IVG de 12 à 14 semaines (cf. Où en est la France en matière d’avortement ?  et IVG : l’acharnement législatif), le conseil scientifique de l’ANAES[1] estime que « du fait du volume fœtal, la simple aspiration du contenu utérin n’est pas toujours possible et il peut être alors nécessaire d’avoir recours à des pinces spécifiques ».

Sur place, les centres d’orthogénie ne sont pas consultés. Pourtant, déjà dans une étude menée en 2001 lors de l’extension du délai de 10 à 12 semaines, « les équipes les plus engagées dans la pratique de l’IVG  exprimaient (…) un sentiment de lassitude. Elles affirmaient qu’une IVG tardive entraînait pour celles qui la pratiquaient une charge psychologique et émotionnelle très lourde, qui devenait vite épuisante ».

La perspective de la suppression de la « double clause de conscience » (cf. IVG : la clause de conscience des professionnels de santé en danger et Une proposition de loi pour le respect de la liberté de conscience ?) risque à ce sujet d’être contre-productive.

[1] Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé.

Source : Quotidien du médecin, Pr Claude Huriet (03/11/2020)

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