40 recommandations pour améliorer l’accès à l’IVG

Publié le 7 Nov, 2013

Le haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) vient de remettre au Ministre des droits de la femme, Najat Vallaud-Belkacem, le volet 2 de son rapport comprenant 40 recommandations en vue d’améliorer l’accès à l’IVG. La ministre a souligné que “l’avortement n’est pas une tolérance mais un droit ouvert à toutes les femmes”.

 

Le rapport fait état des obstacles que rencontrent les femmes. En premier lieu, il mentionne l’inégalité territoriale des femmes selon les territoires du fait de la fermeture, en 10 ans, de 130 établissements de santé pratiquant l’avortement. A la“diminution de l’offre”, s’ajoute la “dégradation de la qualité d’accueil” ou encore le “manque de vocation gynécologique” tandis que “37% des gynécologues partiront à la retraite d’ici à 5 ans, signant le départ de ‘générations de médecins fortement impliqués dans la prise en charge des IVG’ alerte le HCEfh, qui craint l’absence d’une ‘relève militante’”. En outre, bien que l’IVG en lui-même soit entièrement remboursé par la Sécurité Sociale, les frais annexes ne le sont, pas précise le rapport. Enfin, la présidente du HCEfh, Danielle Bousquet, regrette que la pratique de l’avortement trouve encore des obstacles liés à des “raisons morales qui n’ont plus lieu d’être”. 

 

Les recommandations formulées vont dans le sens d’une nouvelle philosophie de l’avortement, considéré comme un “évènement assez courant”, qui n’est pas un “problème” mais une “solution”. En ce sens, le rapport propose, entre autre, de :
Faire disparaître la notion de “détresse” et remplacer, dans le code de la santé publique, la phrase “la femme enceinte que son état place en situation de détresse peut demander à un médecin l’interruption volontaire de grossesse” par “la femme qui ne souhaite pas poursuivre une grossesse peut demander à un médecin de l’interrompre.”
Supprimer le délai de réflexion de 7 jours actuellement
Abolir la clause de conscience pour le personnel médical
Faire disparaître des documents de l’assurance maladie sur la pratique d’un IVG pour garantir la “confidentialité” des femmes, ce qui va à “l’encontre du suivi élémentaire des patients”, pour Bertrand Galichon, président du Centre catholique des médecins français.
Statuer à un moratoire sur la fermeture des centres IVG
Introduire l’IVG dans les programmes d’études de médecine dès les 1eres années.
Une proposition phare du volet 1, qui a déjà été réalisée, consiste à la création d’un site internet d’information gouvernemental destiné à contre carrer la “propagande anti-avortement” qui “pullule” sur le web.

 

Pour la Fondation Jérôme Lejeune, institution médicale et scientifique, “ce document conduit à banaliser cet acte et à négliger des données importantes”, et de préciser dans son communiqué de presse, que “l’avortement n’est pas un acte médical”.

Une Française sur trois a recours à un avortement au cours de sa vie. En France, 225 500 IVG ont été pratiquées en 2011.

 

 AFP 7/11/2013 – La Croix (Marine Lamoureux) 8/11/2013 – Europe1 (Anne Le Gall, Damien Brunon, Gabriel Verdenne) 7/11/2013 – Fondation Jérôme Lejeune 7/11/2013

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