Revue de presse du 15/10/2001
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Les médecins soumis à un devoir d’information rétroactif

Un nouvel arrêt de la Cour de cassation vient de créer un véritable tollé dans le monde médical. L’affaire commence en 1975 par la naissance d’un enfant qui se présentait par le siège.

 Pour les juges et selon la jurisprudence de l’époque, ce caractère exceptionnel dispensait le médecin d’en informer la patiente. Mais le 10 octobre dernier, la Cour de cassation en a décidé autrement en affirmant : « un médecin ne peut être dispensé de son devoir d’information vis-à-vis de son patient, qui trouve son fondement dans l’exigence du respect du principe constitutionnel de sauvegarde de la dignité de la personne humaine ». Elle reconnaît toutefois qu’en 1975, le médecin n’était pas tenu par la loi de délivrer toutes les informations sur les complications des soins. Rappelons que c’est en 1997 que le corps médical s’est vu dans l’obligation d’informer ses patients même dans le cas d’un risque exceptionnel ou d’une opération indispensable. Il incombait au médecin en cas de litige de prouver qu’il avait rempli cette obligation. Certes, en France cet arrêt est défendable dans une logique purement juridique dans la mesure où la jurisprudence peut s’appliquer rétroactivement ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays d’Europe. Mais pour le monde médicale ce devoir d’information rétroactif est inacceptable. Le professeur Touraine, chef de service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Saint Vincent-de-Paul estime dans une interview au Figaro qu’il y aura probablement une vraie mobilisation des médecins contre cet arrêt. Il dénonce que l’on utilise, pour juger des faits remontant à 1975 des normes en matière d’information qui ne sont en place que depuis 1997. Pour lui, tous les handicapés de naissance pourront désormais se plaindre du fait que leur mère n’ait pas été suffisamment informée de tous les risques encourus notamment celui de mettre au monde un enfant handicapé. Il craint qu’aucun médecin ne veuille plus désormais assurer les naissances. Par ailleurs, il souligne  que cette obligation d’information engendre dans certains cas un effet dissuasif et aille donc à l’encontre des qualités de soin.

 L’obstétricien qui avait repéré depuis longtemps ce problème décide toutefois de le faire naître par les voies naturelles, entraînant des séquelles au niveau du bras droit avec une incapacité partielle permanente de 25%. Sa majorité atteinte, le jeune homme décide d’ouvrir une action en justice reprochant à l’accoucheur de ne pas avoir informé sa mère des risques, mêmes infimes et peu probables, qu’elle prenait en ne recourrant pas à une césarienne. Lors de la première phase de la procédure, les experts avaient conclu qu’il n’existait aucune faute et que l’enfant avait été victime d’un risque exceptionnel lié au choix d’un accouchement naturel.

Le Figaro 13/10/01 – Le Quotidien du Médecin 15/10/01

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Maladies neurodégénératives : une alternative aux cellules souches embryonnaires

Une équipe de l’université de Cornell aux Etats-Unis vient de mettre au point une nouvelle technique de régénération cellulaire. Les chercheurs ont ainsi réussi à entraîner la croissance et la différenciation cellulaire chez des souris. La technique consiste à transplanter des cellules nerveuses couplées à des microcapsules remplies de neutrophines, facteur qui permet la survie des neurones. Cette injection de neurotrophine ne peut cependant pas se faire dans tout l’organisme car des effets secondaires pourraient influencer la croissance d’autres cellules. Les scientifiques ont donc recréé un micro-environnement favorable à la régénération cellulaire sans conséquences sur le reste de l’organisme. La réussite de ces tests permettrait d’envisager des solutions pour les maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzeimer.

Info Science 13/10/01

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Les enjeux de la génomique

La génomique ou science du génome représente un nouveau gisement de connaissance à exploiter pour le XXIème

 Mais ce qui paraît le plus important c’est la combinaison de ces gènes entre eux. Cette identification des gènes est cependant nécessaire si l’on veut exploiter le génome pour la médecine. Cela risque d’être long et cher. Il faudra effectivement comparer le génome humain unique dont on dispose à celui d’autres animaux et d’autres hommes. La seule manière d’identifier les gènes en cause dans les maladies est d’étudier les variations individuelles. Et cela représente un chantier immense : 3,5 milliards de lettres dans le génome pouvant différer chez 6 milliards d’individus ! L’essentiel du travail repose sur l’établissement de listes de patients sur lesquels les médecins ont établi un bon diagnostic. Notons que quelques firmes privés se sont spécialisées dans cette tâche. Une fois identifiés, il faudra alors comprendre le rôle de ces gènes et pourquoi certains sont à l’origine de maladies ou sont plus ou moins tolérants à des médicaments. Les maladies seront étudiées syndrome par syndrome grâce notamment à des puces ADN qui permettent d’examiner simultanément l’expression de nombreux gènes.  D’après Jean-Michel Claverie, certains laboratoires disposeraient peut-être déjà d’informations précises sur des gènes en cause dans des maladies mais attendraient avant de publier ces résultats afin  d’avoir le temps d’élaborer de nouveaux médicament. Il précise cependant que le décryptage du génome n’entraînera pas un traitement rapide de toutes les maladies mais il souligne les progrès de la thérapie génique notamment dans le cas de l’équipe du Pr Alain Fischer. Une autre approche thérapeutique, consiste à utiliser la connaissance des gènes pour fabriquer de nouveaux médicaments. A l’heure actuelle on évalue à 3 000 le nombre de cibles génétiques pour de nouveaux médicaments, ce qui apparaît beaucoup moins important que prévu. Dorénavant la compétition semble donc lancée et ceux qui gagneront seront certainement ceux qui auront les meilleurs listes de patients, les chimistes les plus habiles à interagir avec les structures moléculaires découvertes, les théoriciens qui tireront parti de l’information génétique de la façon la plus intelligente… L’un des outils majeurs dans cette compétition demeure pour Jean-Michel Claverie : l’ordinateur.

 siècle. Une nouvelle catégorie de chercheurs : les bio-informaticiens  associent leur savoir sur l’hérédité à celui de l’informatique pour avancer au plus vite dans ces recherches qui représentent un enjeux considérable. Le Figaro Magazine revient sur ces enjeux à travers l’interview de Jean-Michel Claverie, qui dirige une unité de recherche au CNRS associée à la firme Aventis. Au préalable, notons que si le génome humain a été décodé, les chercheurs à l’heure actuelle ne savent toujours pas le lire. Ils ont entre leurs mains un nouveau livre dont ils ne comprennent pas la signification. Certes on connaît le nombre approximatif de gènes : à priori 30000 si ce chiffre fait encore l’objet de débats.

Le Figaro Magazine 13/10/01

 

 

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