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Leurs
revendications portent également sur la brevetabilité du génome
dont la directive ne fait pas selon eux, d’exception suffisamment
claire. En réalité, ce qui prête à confusion aujourd’hui est
l’article 5 qui stipule qu’« un élément isolé du
corps humain ou autrement produit par un procédé technique, y
compris la séquence ou la séquence partielle d’un gène, peut
constituer une invention brevetable ». De ce fait, un
courant hostile à l’idée que la connaissance des gènes puissent
déboucher sur des inventions brevetables est né. Les députés
Wolfgang Wodarg et Jean-François Mattéi avaient alors lancé une pétition
sur Internet « refusant
l’appropriation du génome humain, patrimoine de l’humanité ».
Depuis, l’idée a fait son chemin mais hier, la Cour européenne
de Justice a considéré que cette directive « encadre le
droit des brevets de façon suffisamment rigoureuse pour que le
corps humain demeure inaliénable et que la dignité humaine soit
sauvegardée ». |
Quant
à l’article 5 la Cour précise que le résultat de travaux
portant sur une séquence du gène ne peut donner lieu à la délivrance
d’un brevet « que si la demande est accompagnée d’une
description de la méthode qui a permis l’invention et d’un
exposé de l’application industrielle sur laquelle doivent déboucher
les travaux. A défaut d’une telle application … la découverte
d’une séquence ADN ne serait pas en tant que telle brevetable. »
Notons cependant que la France, qui s’est attelé à un projet de
loi de transposition de la directive, n’a pas inclus l’article 5
dans son projet. Elle craint notamment de voir de plus en plus de
brevets détenir des monopoles d’exploitation sur un gène
conduisant à stériliser
la recherche. C’est pourquoi dans son projet de loi le
gouvernement a imaginé d’élargir le champ de la licence
d’office : ce régime permettrait de contraindre le détenteur
d’un brevet à céder ses droits à des conditions financières très
avantageuses. Cela devrait permettre d’éviter aux sociétés privés
d’avoir la main mise sur des inventions pouvant conduire à des améliorations
importantes dans le domaine de la santé.
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La
Cour européenne de justice (CEJ)
a rejeté hier le recours formé par les Pays-Bas
et soutenu par l’Italie et la Norvège, visant
l’annulation de la directive sur la brevetabilité du génome.
Cette directive européenne adoptée en juillet 1998, n’a toujours
pas été transposée dans la plupart des pays européens à cause
de sa rédaction confuse qui risquait d’engendrer des dérives du
droit des brevets, notamment l’autorisation de brevets sur les gènes
eux mêmes. Les parlementaires néerlandais estimaient
qu’« un brevet sur un homme, une plante ou un
animal, qui restent dans tous les cas des créatures de la nature
est inacceptable ». Les députés néerlandais s’oppposent
à la brevetabilité des plantes et des animaux génétiquement
modifiés. |