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de presse du 29/11/2001 |
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Confirmation
de l'arrêt Perruche
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Hier,
le principe de l'arrêt Perruche a été confirmé et même
amplifié dans le cas de deux pourvois de parents d'enfants
trisomiques. D'une part, la Cour de Cassation conforte l'idée que
le handicap de l'enfant constitue un préjudice réparable dès lors
qu'il peut être mis en relation avec une faute médicale ayant empêché
la mère d'interrompre sa grossesse. D'autre part la réparation à
laquelle donne lieu le handicap doit être une réparation
intégrale a estimé la Cour de Cassation réunie pour la troisième
fois, fait rare, en assemblée plénière.
Seul le cas du jeune Lionel, enfant trisomique 21, est assimilable
à l'affaire Perruche dans la mesure où la demande d'indemnisation
est au nom de l'enfant et non de ses parents. Dans ce cas, la Cour
d'appel de Rennes avait indemnisé l'enfant à 50 % en raison
"d'une perte de chance". Ce que la Cour de Cassation a
réfuté en estimant que " le préjudice de l'enfant n'est pas
constitué par une perte de chance mais par son handicap" et
que la naissance de cet enfant avec une trisomie 21 lui prévalait
un préjudice intégral, c'est à dire moral et matériel.
Ainsi la Cour de Cassation maintient le droit d'un enfant
handicapé à être indemnisé parce qu'il est né handicapé. Elle
estime "intégrale" le préjudice que l'enfant a subi du
fait de sa naissance.
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Le Figaro 29/11/01,
La croix 29/11/01, Le Monde 29 et 30/11/01 , Libération
29/11/01, Le Parisien 29/11/01, France Soir 29/11/01, La libre Belgique
29/11/01
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| Revue
de presse du 29/11/2001 |
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Arrêt
Perruche : de nombreuses réactions
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Les journées
nationales d'éthique " du Comité Consultatif National d'Ethique
se tenaient hier à Montpellier. A l'annonce des décisions rendues
par la Cour de Cassation, Didier Sicard, président du CCNE,
déclare "c'est une catastrophe pour la société"
dénonçant " la vision qu'une société consumériste porte
sur le handicap".
Du coté des échographistes la colère gronde. Roger Bessis,
président du collège français d'échographie fœtale, s'insurge :
" on n'a plus le droit d'être différent physiquement et cela
devient indemnisable ". Il rajoute que "les magistrats
menacent aujourd'hui trente ans de progrès en diagnostic prénatal
" et que " le vrai pivot du débat est la prise en charge
du handicapé dans notre société ". Quant au Dr Denis Aucant,
radiologue et patron de la FNMR, il préfère arrêter de pratiquer
l'échographie car selon son calcul " sachant qu'un enfant concerné
par une malformation peut porter plainte jusqu'à sa majorité, et
qu'à dater de la plainte la responsabilité du médecin court sur
trente ans... cela mène à quarante huit ans ".
Par ailleurs, Roger Bessis s'étonne qu' "en
France, rien ne se passe" alors que " le parlement
européen va rendre un avis sur l'arrêt Perruche, que le parlement
allemand, ému par cette affaire française, va proposer une
législation, avant même d'avoir été confronté à une telle
situation".
L'ensemble des autorités religieuses critique ouvertement
ces arrêts au nom de la dignité des handicapés. Le pasteur Jean-Arnold
de Clermont, président de la fédération protestante de France
estime que "le handicap ne crée pas une humanité inférieure
". Mgr Vingt-Trois, président de la commission épiscopale de
la famille, s'inquiète de " la position des hauts magistrats
qui reflète le fantasme contemporain d'un monde sans handicap
".
Cet arrêt est accueilli de manière particulièrement
douloureuse chez les personnes handicapée dont les témoignages ont
été recueilli par deux chercheuses du CNRS et de l'Inserm
(Danielle Moyse et Nicole Diederich). Pour Anne-Sophie, myopathe,
"avec de tels jugements, on dépossède la personne handicapée
de son épaisseur humaine, on l'exclut du cercle de ceux qui ont le
droit de vivre".
Enfin, des parents d'handicapés réunis dans le Collectif
contre l'handiphobie dénonce également cet arrêt affirmant qu'
" il n'y a pas de vie et de sous vie" (lire article
suivant).
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Le
Figaro 29/11/01, Libération 29/11/01, Le Parisien 29/11/01
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| Revue
de presse du 29/11/2001 |
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Le
Collectif des Parents contre l’handiphobie réagit
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Parallèlement
au verdict rendu hier par la Cour de Cassation, s’ouvrait au
Palais de justice le procès du Collectif contre l’Handiphobie (CCH)
qui attaquait l’État pour faute lourde dans le cadre de l’Affaire
Perruche. Le CCH qui considère cet arrêt comme « un mépris
pour leur enfant » avait déposé il y a un an une plainte
contre l’État demandant un franc de dommages et intérêts. Hier,
les personnes handicapées et leurs familles sont venus des quatre
coins de la France pour « faire barrage à l’arrêt
Perruche, soutenir leur avocat et redonner un visage sur les cas que
traite la justice ». Ils se sont munis de pancartes sur
lesquelles on pouvait lire « ma vie n’a pas de prix, Halte
au racisme chromosomique » et, les deux bras tendus, portant
des cibles sur la poitrine, ils se sont rassemblés sur les marches
du Palais de justice après l’audience. « Il n’y a pas une
vie et une sous-vie » soulignait une mère d’un enfant
autiste âgé de 15ans. Les parents ont souligné également
les difficultés quotidienne avec l’administration ainsi
que les problèmes d’insertion mais ils estiment que
l’indemnisation est une mauvaise réponse de la justice. « Il
faut plutôt développer la solidarité nationale »
affirment-ils. Ils ont
demandé à être reçus par le premier président de la Cour de
Cassatio, Guy Canivet, et en appelle désormais à Lionel
Jospin et Jacques Chirac pour stopper ce qu’ils appellent « une
dérive eugéniste ».
Le jugement sur la recevabilité de la plainte sera rendu le
23 janvier.
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Le
Figaro 29/11/01- Libération 29/11/01- La Croix 29/11/01- France Soir
29/11/01
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| Revue
de presse du 29/11/2001 |
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Arrêt
Perruche : mobilisation des politiques
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De
gauche comme de droite, les réactions sont hostiles à l'arrêt
rendu par la Cour de Cassation hier. Le député et professeur
Jean François Mattei qualifie cet arrêt d' "impasse absolue
qui tend à privilégier la mort à la vie et à considérer la
naissance comme un préjudice en soi". Pour lui, la
jurisprudence de la cour de Cassation est une dérive grave qui
peut "conduire à l'eugénisme". Georges Sarre
(président du Mouvement des Citoyens) estime que la décision des
juges est "une atteinte à la dignité des trisomiques"
. François Bayrou évoque "une barbarie
juridique" et trouve "inacceptable et scandaleux qu'on
puisse considérer la vie comme un tort". De nombreux
parlementaires, dont Christine Boutin (UDF) et J.F Mattei (DL), appellent
à légiférer. De leur coté, Claude Evin ne voit "pas
d'urgence à légiférer". Ségolène Royal relativise les
conséquences de l'arrêt qui en fait " compense des fautes médicales lourdes
qui ont empêché la mère d'exercer son libre choix d'interrompre
ou non sa grossesse" ; elle rajoute que " l'arrêt ne
doit pas être déformé par des interprétations hâtives"...
Désormais " l'arrêt Perruche " rentre dans les
points " chauds " que devront aborder les candidats aux
présidentielles. Déjà le RPR souhaite que le principe de "
vivre avec un handicap ne peut être considéré en soi comme un
préjudice personnel " soit inscrit dans le Code Civil. Le
parti socialiste travaille sur les personnes "en situation de
handicap" et créé un groupe de travail sur les
conséquences de l'Arrêt Perruche.
Dans une déclaration
écrite (en ligne), cinq députés
européens saisissent le Parlement européen en vue de l'interdiction des "Actions en Préjudice de vie".Ils
dénoncent la dérive eugéniste de la logique exprimée par l'Arrêt
Perruche et des discriminations fondées sur l'idée d'une moindre
dignité des personnes handicapées, telles que la "stérilisation
judiciaire" des incapables majeurs, ou l'abandon à la mort
de nouveaux nés handicapés. Cette déclaration écrite
est ouverte à la signature à partir du 28 novembre 2001 et pourra être
considérée comme loi si elle est signée par la majorité des
députés européens dans les trois mois.
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Libération
29/11/01, Le Figaro 29/11/01 |
| Revue
de presse du 29/11/2001 |
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Jerry
Sainte-Rose
: avocat général à la Cour de Cassation
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Dans
le cadre de l’Affaire Perruche, quelques journaux dressent
aujourd’hui un portrait de Jerry Sainte-Rose, avocat général à
la Cour de cassation. Depuis le début de l’Affaire Perruche,
qu’il a récupéré par hasard avant l’été 2000, ses positions
« éthiques » sont systématiquement ignorées par
l’ensemble de ses collègues. Mais, il résiste à cet arrêt en
affirmant « je suis un homme qui a des convictions et un peu
de caractère ». Son principal combat : la banalisation
de la vie humaine. Il s’oppose fermement à ce « droit à ne
pas naître » qui « amènerait à créer une catégorie
de « mort vivants », en permettant d’indemniser
« ceux qui auraient dû mourir ». « Aucune norme
ne permet de dire qu’une vie ne mérite pas d’être vécue »
ajoute t-il.
Ce sont ses références à des valeurs et notamment celle de
la dignité humaine, qui le pousse à défendre cet idéal
humaniste. « La jurisprudence actuelle correspond à notre époque,
qui voit un certain scientisme instrumentaliser l’homme »
ajoute-t’il. Il affirme pourtant que l’arrêt Perruche a laissé
perplexe ses collègues mais « vous ne verrez jamais des
magistrats se déjuger du jour au lendemain »souligne t-il.
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Le
Figaro 29/11/01 -
Libération 29/11/01
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| Revue
de presse du 29/11/2001 |
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Trisomie
21 : la recherche en bonne voie
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Le
séquençage du chromosome 21 en mai 2000 a ouvert à la recherche
des perspectives prometteuses.
Les chercheurs ont pu dès lors disposer « d’un
catalogue quasi complet sur le chromosome » et orienter leur
recherche sur les gènes associés aux différents signes de la
maladie. Malheureusement l’avènement du diagnostic prénatal
n’a pas incité la recherche dans ce domaine.
Des chercheurs tentent de trouver les corrélations entre gènes
et signes phénotypiques. Ces travaux fondamentaux devraient
permettre à terme de déboucher sur des perspectives thérapeutiques
agissant sur le niveau d’expression des gènes ou sur les
perturbations du métabolisme.
Une recherche clinique à visée thérapeutique vient également
d’être lancée par la fondation Jérôme Lejeune. Baptisé
« Entrain » ce programme a pur but d’évaluer
l’activité de l’acide folinique sur les fonctions cognitives de
l’enfant. Cette étude,
s’adresse
aux enfants trisomiques 21 âgés de 6 mois à 2,5 ans. Le
recrutement cessera en juin 2001 (cf.
notre revue de presse du 15/11/01). Un traitement
pourrait à terme « améliorer les fonctions cognitive,
telles que l’attention ou la mémorisation » souligne Henri
Bléhaut, coordinateur de la recherche au sein de la Fondation Jérôme
Lejeune.
Rappelons également que des associations et des
professionnels mènent des recherches pour améliorer la qualité de
vie et l’insertion des personnes trisomiques. Mêmes si
d’importantes améliorations sur la prise en charge de la personne
trisomique ont été faites depuis 25 ans, il reste encore beaucoup
à faire.
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La
Croix 29/11/01
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| Revue
de presse du 29/11/2001 |
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Le
rapport Fiori devant le Parlement européen
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Le
Parlement européen va examiner aujourd’hui un rapport qui vise à
interdire le financement de la recherche sur les cellules souches
embryonnaires. Son éventuelle adoption s’inscrirait alors en
porte à faux dans le sixième programme cadre
pour la recherche proposé par la Commission européenne pour
2002- 2006 et qui est actuellement en cours d’adoption. A
l’heure actuelle, ce programme prévoit d’allouer un budget de
200 millions d’euros pour la recherche sur le génome dont une
grande partie consacrée aux thérapies géniques et plus spécifiquement
à la recherche sur les cellules embryonnaires.
Aujourd’hui dans le cadre du cinquième programme, la
recherche n’est possible que sur les cellules souches adultes et
sur les cordons ombilicaux.
Francesco Fiori, eurodéputé italien souhaiterait que la
recherche sur les cellules souches embryonnaires ne bénéficie pas
de fonds européens mais que ces financements soient consacrés à
la recherche sur les cellules souches adultes. A propos du clonage,
la commission Fiori affirme « Il n’existe aucune différence
entre le clonage à des fins thérapeutiques et le clonage à des
fins de reproduction ». Les eurodéputés proposent donc de
s’opposer à ces deux formes de clonage. Le rapport demande également
l’interdiction du commerce des cellules souches au sein de
l’Union. Enfin, le rapport considère qu’il faut « promouvoir
le développement de méthodes permettant de réduire les conséquences
physiques et psychiques de la fécondation in vitro et de freiner,
voire d’empêcher, l’apparition d’embryons dits surnuméraires. »
En tout état de cause le rapport Fiori insiste sur la nécessité
d’élaborer des orientations éthiques au niveau de l’Union
européenne afin d’éviter des abus qui sont déjà bien réels.
Rappelons qu’aujourd’hui, deux textes seulement complètent la
convention du Conseil de l’Europe pour la protection des droits de
l’homme à l’égard de la biologie et de la médecine. D’une
part, le protocole additionnel d’Oviedo qui stipule que la création
d’embryons humains aux fins de recherche est interdite. D’autre
part, la déclaration de l’Unesco sur le génome humain, qui
interdit toute recherche ayant pour but de créer un être humain génétiquement
identique à un autre être humain vivant ou mort.
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La Croix 29/11/01
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