Revue de presse du 09/02/01
Revue Précédente

Revue suivante

Jacques Chirac contre le clonage thérapeutique.

 

La prise de position

Monde, « il ne pousse pas la logique jusqu’à s’opposer aux recherches sur les embryons ». Le Chef de l’Etat reprend les trois objections majeures déjà émises par les opposants :
-    la technique du clonage thérapeutique suppose de créer un embryon alors même que la création d’embryon pour la recherche reste interdite en France. 
-    la technique du clonage thérapeutique et celle du clonage reproductif étant la même ; encourager la première revient à développer la technique générale de clonage qui aboutira, nul n’en doute, à créer un jour des clones adultes. 
-    cette technique, encore mal maîtrisée, est une grande consommatrice d’ovules avec le risque de dériver, très tôt, à la création de réseaux mercantiles.

Le chef de l’état effectue, ainsi, une analyse similaire à celle de la commission nationale consultative des droits de l’homme et des membres du Comité consultatif national d’éthique qui se sont opposés au projet gouvernemental.
L’objection du président face à ces techniques n’est pas nouvelle. A différentes occasions il l’avait manifestée, notamment en novembre 1999, devant l’Académie de médecine, affirmant « qu’aucun embryon humain ne doit être créé en vue de servir de matériau scientifique ». Puis, lors du premier protocole interdisant le clonage d’êtres humains, ouvert à la signature de 40

 

états membres, Jacques Chirac exprimait aux comités d’éthiques européens l’importance de se doter, au niveau mondial, de « garanties efficaces ». Sa prudence reste de même vis à vis des biotechnologies qui, explique-t-il, « donne à l’homme les moyens de modifier non seulement les espèces végétales ou animales, mais aussi ses propres caractéristiques génétiques ».
Le 28 novembre dernier, Lionel Jospin annonçait l’avant projet de révisions des lois de bioéthique favorable au clonage thérapeutique. Mais au delà du débat éthique, il est vite apparu que la raison économique prédominait ne prenant pas toujours en compte les rappels des scientifiques inquiets d’une course dont ils ne tiennent pas les rênes. Promue par les uns, refusée par les autres, la discussion sur la législation, et l’autorisation, du clonage thérapeutique dépasse également les sphères habituelles d’une lutte politique droite – gauche. Prenant le contre pied des idées soutenus pas Lionel Jospin, Jacques Chirac lance véritablement la question bioéthique dans le débat politique. Dans un hémicycle perturbé, « le débat parlementaire risque en tout cas d’être politiquement incorrect », note Corinne Bensimon dans Libération. La voix du Président résonne particulièrement d’autant que d’autres voix, nombreuses, commencent à contester le principe du clonage thérapeutique.
 publique de Jacques Chirac sur les thèmes, actuellement les plus controversés du débat bioéthique, a marqué, hier, l’ouverture du 2ème Forum mondial Biovision des sciences de la vie à Lyon. Le président de la République s’est prononcé contre le clonage thérapeutique mais en faveur d’une possible recherche encadrée sur les embryons humains surnuméraires. Opposition ferme et exposée en ces mots : le clonage thérapeutique « conduit à créer des embryons à des fins de recherche et de production de cellules, et malgré l’interdit, rend matériellement possible le clonage reproductif et risque de conduire à des trafics d’ovocytes. (…) Il faut bien sûr maintenir l’interdiction absolue de créer des embryons à des fins scientifiques. Les seules recherches qui pourraient donc être autorisées ne devraient donc porter que sur des embryons conservés depuis plusieurs années en application de la loi de 1994 ». Enfin, insiste t-il, il est indispensable « au plan national comme au plan européen de lancer et de financer des programmes de recherche portant sur les cellules souches adultes ». Le chef de l’état se range ainsi ouvertement dans le camp de ceux qui reconnaissent à l’embryon humain sinon un statut de personne, du moins une singularité le distinguant d’une chose. Et pourtant, s’étonne Jean-Yves Nau du 

Libération 09/02/01 -  Le Monde 09/02/01 -  Le Figaro 09/02/01 - La Croix 09/02/01

 

Revue de presse du 09/02/01
Revue Précédente

Revue suivante

Quelle législation chez nos voisins ?

La plupart des

-    Danemark. La loi du 10 juin 1997 interdit le clonage mais autorise la recherche sur les embryons existants.
-    Italie. Actuellement, il y a un vide juridique comme dans de nombreux pays. Néanmoins, l’un des comités d’éthique italiens s’est récemment prononcé en faveur du clonage thérapeutique. Une loi pourrait être prochainement présentée au parlement, allant dans ce sens, et interdisant expressément le clonage reproductif.
-    Espagne. La loi du 22 novembre 1998 autorise la recherche sur les embryons de moins de 15 jours avec le consentement des parents. Le clonage thérapeutique est interdit.
-    Etats-Unis. L’administration Clinton a autorisé le financement public de la recherche sur l’embryon en août 2000. Quant au clonage thérapeutique, il est autorisé par l’administration, mais le congrès n’a pas encore statué sur la question. 
-    Instances européennes :

 

Le Parlement européen, le 7 septembre 2000 : «  Le Parlement européen (…) considérant qu’il existe d’autres moyens que le clonage d’embryons pour guérir les maladies graves, (…), considérant qu’il n’existe aucune différence entre le clonage à des fins thérapeutiques et celui ayant pour objet la reproduction, réitère son appel à chaque état membre pour qu’il mette en œuvre une législation contraignante proscrivant, sur son territoires, toute recherche sur le clonage humain, quel qu’il soit, et prévoit des sanctions pénales en cas d’infraction ».
Le Groupe européen d’éthique (GEE), a rendu le 14 novembre 2000 « un avis sur les aspects éthiques de la recherche sur les cellules souches humaines et leur utilisation ». Le Comité récuse pour l’instant le recours au clonage thérapeutique, la création d’embryons par clonage, mais ne refuse pas la recherche sur les embryons surnuméraires. Le GEE insiste sur l’importance de mener des recherches sur les cellules souches adultes.

 

 pays n’ont pas encore de texte explicite sur la création d’embryons par clonage, mais certains ont déjà autorisé la recherche sur l’embryon.
-    France. La loi du 29 juillet 1994 interdit le recherche sur l’embryon. Le législateur avait prévu de réviser la loi au bout de 5 ans, afin de tenir comptes des nouvelles découvertes scientifiques. C ‘est précisément la révision de la loi de 1994 qui fait l’objet du débat actuel. 
-    Grande Bretagne. Depuis le vote de la Chambre des Lords le 21 janvier 2001, la production d’embryons par clonage à des fins scientifiques et thérapeutiques est autorisée. Le développement de ces embryons doit être interrompu au bout de 14 jours (date à partir de laquelle ils sont reconnus comme embryon). Le clonage reproductif reste explicitement interdit.
-    Allemagne. La loi fédérale du 13 décembre 1990 interdit la recherche sur l’embryon, la création de clones, de chimères et d’êtres hybrides.  

09/02/01

 

Retour revue de presse des 3 derniers mois