Revue de presse du 31/12/2001
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Retour sur la bioéthique en 2001 

Avant juillet 1996 et la naissance de la brebis Dolly, la reprogrammation d'un noyau de cellule dans un ovule (vidé de son patrimoine génétique) pour donner naissance semblait impossible. Cinq ans plus tard, fin janvier 2001 exactement, le médecin italien Severino Antinori annonçait qu'il se lançait dans le clonage humain et multipliait dans l'année les déclarations sur la toute proche naissance d'un bébé clone ( cf. revue de presse du 30/01/01). De son côté, le 25 novembre dernier, la firme américaine, Advanced Cell Technology, annonçait avoir cloné des embryons humains. L'expérience, n'aboutissant qu'à un embryon de six cellules, n'est guère probante mais déjà un pas a déjà été franchi puisque 8 femmes ont pour cela donné leurs ovules (cf. revue de presse du 26/11/01 et 27/11/01).
Par ailleurs, les recherches sur les capacités thérapeutiques des cellules souches adultes ont progressé avec notamment la transformation de cellules souches de la moelle osseuse en cellules cardiaques revendiquée par l'équipe allemande de cardiologie de l'université Henrich Heine de Düsseldorf.( cf. revue de presse du 27/08/01). Les cellules souches adultes représenteraient donc une piste réelle dans certains types de thérapie, sans soulever les questions éthiques posées par l'embryon (cf. revue de presse du 14/08/01). 
Rappelons que c'est en novembre 1998 qu'une équipe du Wiscontin avait pour la première fois isolé et cultivé des cellules souches embryonnaires. Ces derniers mois, des biologistes ont réussi à les faire différencier en cellules du sang, en cellules cardiaques, en neurones et en cartilage (cf. revue de presse du 3 et 4/12/01). Néanmoins, le 9 août dernier, le président américain gelait la production de nouvelles lignées de
cellules souches embryonnaires par la recherche publique car, selon la Maison Blanche, les 60 lignées cultivées dans le monde suffiraient à produire les 250 types cellulaires nécessaires à guérir la plupart des maladies (cf. revue de presse du 11/08/01).  

Le Figaro 31/12/01

 

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Jacques Testart pose la question  des "limites" en génétique

Le biologiste Jacques Testard, Président de la CFDD (Commission Française du Développement Durable, pose comme enjeu du siècle à venir les limites de la génétique : «je crois que tous les problèmes qu'on appelle "bioéthiques" sont traversés par la question des limites, qui sera celle du siècle qui s'ouvre.». Il s' inquiète de la mise en place tranquille d'un eugénisme sophistiqué qui en viendrait à éliminer le hasard nécessaire à toute diversité humaine. Il dénonce cette utopie biogénétique contemporaine qui promeut « une conception de l'homme capable d'assumer tous ses fantasmes jusqu'au bout, de maîtriser tous les objets de son ambition ». Par ailleurs, le biologiste estime que de nombreux projets de recherches reposent sur des bases incertaines: « on s'y lance à partir de données scientifiques assez rudimentaires et sans se donner les moyens de contrôler ce qui va se passer après.»
Jacques Testart se dit terrifié, par exemple, par les propos d'un grand chercheur américain, Jacques Cohen, qui écrivait: «
dans les dix ou vingt prochaines années, nous serons capables de passer au crible chaque embryon humain pour toutes les anomalies chromosomiques numériques aussi bien que pour de nombreuses affections génétiques [...], dont le diabète, l'hypertension et la schizophrénie. Dans un futur proche, il sera possible d'établir les prédispositions individuelles pour les maladies cardiovasculaires, tous les types de cancers et les maladies infectieuses. Dans un futur différé, on devrait pouvoir identifier divers traits génétiques comme la stature, la calvitie, l'obésité, la couleur des cheveux et de la peau, et même le QI.» Pour Jacques Testart, ce type de projet porte un nom : « purification génique ».

Le  Devoir 29/12/01 

 

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