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Le
biologiste Jacques Testard, Président de la CFDD (Commission Française
du Développement Durable,
pose comme enjeu
du siècle à venir les limites de la génétique : «je crois que
tous les problèmes qu'on appelle "bioéthiques" sont
traversés par la question des limites, qui sera celle du siècle
qui s'ouvre.». Il s' inquiète de la mise en place tranquille d'un
eugénisme sophistiqué qui en viendrait à éliminer le hasard nécessaire
à toute diversité humaine. Il dénonce cette utopie biogénétique
contemporaine qui promeut « une conception de l'homme capable
d'assumer tous ses fantasmes jusqu'au bout, de maîtriser tous les
objets de son ambition ». Par ailleurs, le biologiste estime que de
nombreux projets de recherches reposent sur des bases incertaines:
« on s'y lance à partir de données scientifiques assez
rudimentaires et sans se donner les moyens de contrôler ce qui va
se passer après.»
Jacques Testart se dit terrifié, par exemple, par les propos
d'un grand chercheur américain, Jacques Cohen, qui écrivait: «
dans les dix ou vingt
prochaines années, nous serons capables de passer au crible chaque
embryon humain pour toutes les anomalies chromosomiques numériques
aussi bien que pour de nombreuses affections génétiques [...],
dont le diabète, l'hypertension et la schizophrénie. Dans un futur
proche, il sera possible d'établir les prédispositions
individuelles pour les maladies cardiovasculaires, tous les types de
cancers et les maladies infectieuses. Dans un futur différé, on
devrait pouvoir identifier divers traits génétiques comme la
stature, la calvitie, l'obésité, la couleur des cheveux et de la
peau, et même le QI.» Pour Jacques Testart, ce type de projet porte un nom
: « purification
génique ».
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