Revue de presse du 26/12/2001
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Clonage thérapeutique : le gouvernement dit non  

Le 20 décembre dernier, Elisabeth Guigou expliquait aux membres de la commission spéciale de l'Assemblée, les raisons pour lesquelles en milieu d'année, le gouvernement avait retiré de son projet de loi sur la bioéthique la légalisation du clonage thérapeutique, alors qu'il s'y était déclaré  favorable peu de temps auparavant. "Le projet de loi précise que "les cellules de l'espoir", comme les appelle le premier ministre, ne peuvent provenir que d'embryons surnuméraires ne faisant plus l'objet d'un projet parental, excluant ainsi l'obtention de cellules embryonnaires issues d'un clonage par transfert nucléaire en l'absence de garanties nécessaires pour autoriser cette recherche" a déclaré, la ministre de l'emploi et de la solidarité. "Les garanties de l'absence de dérive de cette technique vers le clonage reproductif ne sont pas assurées (...) elle nécessite de légiférer aux niveaux européens et mondial" a t-elle ajouté. Elle souligne enfin, les risques pour les femmes liés au trafic et à la commercialisation des ovocytes. 
Mme Guigou a donc repris les craintes et les arguments développés dans ce sens par Jacques Chirac.
Cependant le projet de loi autorise la recherche sur les cellules souches  provenant d'embryons surnuméraires et ne faisant plus l'objet de projet parental."La question de la recherche sur l'embryon est sans doute "la question" fondamentale qui est aujourd'hui posée au législateur, puisque la loi de 1994 l'a interdite. Il nous semble qu'il faut autoriser cette recherche, mais il appartient à la représentation nationale de définir le périmètre des recherches autorisées et l'encadrement  auquel elles sont soumises" a déclaré Mme Guigou. 

Gènéthique vous rappelle que les informations transmises dans la revue de presse quotidienne représentent toutes les opinions exprimées sur l’actualité bioéthique. Celles-ci ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le  Monde (J.Y. Nau) 26/12/01 

 
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Les dérives du DPI 

Le Diagnostic Pré Implantatoire (DPI) doit permettre à des couples porteurs de maladies génétiques de s'assurer qu'il ne les transmettrait pas à leurs enfants. 
Or, le développement de cette pratique conduit à s'interroger sur la vocation de cette technique. Peut-on vraiment affirmer que le DPI représente un progrès médical majeur ou est-ce la voie vers un nouvel eugénisme? 
Si le DPI permet (en sélectionnant sur une dizaine d'embryons, un embryon à réimplanter) de repérer certaines maladies comme la mucoviscidose. Des tris peuvent également être opérés sur des embryons ayant des prédispositions à des pathologies comme des cancers par exemple. Ainsi va t-on pouvoir éliminer des embryons sur un critère incertain.
A Chigaco, le reproductive Genetics Institute a utilisé cette méthode de diagnostic pour sélectionner un embryon de façon à ce que le bébé puisse fournir à sa sœur malade, les cellules nécessaires à sa survie.
Jacques Testart, pionnier de la fécondation in vitro s'insurge aujourd'hui contre les dérives du DPI "Où va t-on s'arrêter? Au bec de lièvre, à l'asthme, à la myopie, à la couleur des yeux quand on aura identifié les gènes? Ce sera la victoire de la norme, le refus de la déviance".
Cette sélection génétique s'inscrit dans un long processus construit en à peine trente ans, de maîtrise de la naissance tant au niveau de la "quantité" que de la "qualité". Ainsi l'arrivée de la pilule a t-elle permis dans les années 70 de maîtriser la fertilité. Puis dans les années 80, la fécondation in vitro a entraîné un recul de l'infertilité. Enfin le contrôle de la "normalité" du bébé s'est forgé avec l'émergence de la biologie et de l'échographie. Le DPI quant à lui est arrivé à la fin des années 80.

Libération (C. Bensimon) 22/12/2001 

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"L'enfant n'est jamais ce qu'on attend..." 

Alain Foix, philosophe expose dans le journal Libération, les conséquences pour la société de l'arrêt Perruche . 
"Naître, c'est donner la vie à autre chose que soi. L'enfant n'est jamais ce qu'on attend parce qu'il est simplement lui. (...) L'enfant est l'étranger et apporte l'inédit. Pas par hasard mais par nécessité. Une nécessité fondée sur l'espèce et sa survie. Un nouveau-né est un acte social autant que naturel". Dans ce sens, naître normal ou pas n'est ce pas la même chose? s'interroge A. Foix. Les personnes handicapées ne s'inscrivent-elles pas elles aussi par leur naissance dans un mouvement qui contraint la société à s'intégrer elle même comme société humaine? 
L'auteur s'inquiète aussi de la spécificité du clone qui supprime ce chemin nécessaire qui va du fils au père par le détour de l'ailleurs.  "Le clone vit avant même d'exister.(...) C'est une formule de fabrication qui reste à affiner. Il n'échappe plus à son père puisqu'il en est la réplique. Il n'aurait d'identité qu'en échappant à l'identique qui est son père". 
 
"Le clone représente la fin de notre histoire, le concept réalisé, advenu. La mort de l'humanité telle que nous la vivons."

Libération présente aussi un avis de Nicole Catala, vice-présidente de l'Assemblée Nationale qui revient également sur l'arrêt Perruche. Dans cette affaire comme dans celle des 2 enfants trisomiques Yvan et Lionel,  elle souligne qu'il n'y a pas eu de lien de causalité entre la faute médicale et le handicap de l'enfant et exprime alors son incompréhension face aux décisions prises par la Cour de cassation, mais elle considère que les parents doivent être doublement indemnisés. 

Libération 25/12/01 

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