La
jurisprudence Perruche n'est pas sans conséquence pour l'ensemble
de la profession médicale. Outre, le problème purement éthique
posé par une telle décision, la justice a décidé que l'acte de
mise au monde peut être un préjudice à l'enfant qui naît
handicapé. Le médecin qui n'a alors pas pu ou pas su déceler ce
handicap est rendu responsable de la naissance de cet enfant. Or
le diagnostic anténatal infaillible n'existe pas.
Le projet de loi déposé par Jean-François Mattéi aurait
pu résoudre non seulement le problème de l'eugénisme mais aussi
celui de la vulnérabilité des professionnels de santé. Mais les
querelles politiques ont pris le dessus. Elisabeth Guigou a choisi
de remettre à plus tard ce débat. Il n'est pas impossible par
ailleurs que le gouvernement ait rejeté la proposition Mattéi,
simplement parce qu'elle venait de la droite et qu'elle mettait
l'accent sur la lenteur du gouvernement à procéder à des
réformes indispensables et urgentes. Les médecins s'indigent
d'une telle procédure et soulignent que Madame Guigou sous estime
l'indignation des spécialistes concernés.
Concrètement, le Sou médical va porter en 2002 les primes
des chirurgiens gynécologistes à 82 716F au lieu de 52 700 FF en
2001, à 45 720 FF pour un obstétricien au lieu de 29 550 FF. Il faudrait donc qu'un gynécologue-obstétricien fasse 240
accouchements dans l'année pour s'en sortir au lieu de 150-160 en
moyenne actuellement. Sans aide, les 3000 accoucheurs dont 1800
privés vont donc être contraints de stopper leur activité.
Quant aux praticiens du secteur public, ils s'apprêtent à suivre
le mouvement. Ainsi, le centre de diagnostic anténatal du CHU
d'Angers cessera toute activité à partir du 1er janvier.
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