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La
presse fait part aujourd'hui de nouvelles réactions concernant les arrêts
de la Cour de Cassation le 28 novembre dernier. Bernard Kouchner
s'interroge : " peut - on considérer que la demande de
réparation formulée par l'enfant dont le handicap n'est pas
imputable au médecin est fondée ? Peut - on considérer que le
choix de l'enfant serait de ne pas naître, ou que le fait de
naître avec un handicap non imputable à la faute du médecin
nécessite réparation par le médecin ? ". Le ministre de
la santé estime que " l'interprétation extensive du lien
de causalité entre la faute et le dommage " faite par la
justice " perturbe l'ensemble du système de soins et remet
en question la valeur même de toute vie ".
De son côté, Ségolène Royal, ministre de la Famille, de
l'Enfance et des personnes handicapées ne veut pas légiférer dans
l'urgence, cependant elle veut réaffirmer que " toute vie
mérite d'être vécue " et met en garde contre "
le mythe de l'enfant parfait ". Le 13 décembre prochain
est prévu l'examen à l'Assemblée de la proposition de loi de
l'opposition. D'ici là, le gouvernement devra trancher entre
seulement débattre ou légiférer.
Isabelle Lorand, chirurgienne et animatrice de la commission
de bioéthique du parti communiste français, dénonce la décision
de justice de la Cour de Cassation qui pour elle s'attaque
directement au principe d'humanité. " De l'idée absurde du
droit à ne pas naître à la demande d'une science garantissant
l'enfant "parfait", de la dégradation de la relation
médecin-malade à la "normalisation" de l'interruption
médicale de grossesse, de la marchandisation du handicap jusqu'à
l'exclusion des plus faibles, c'est le devenir de l'humanité qui
est ici interrogé ". Par ailleurs, elle rappelle que la
fonction du médecin est " de prévenir, de réparer le
handicap et non d'interrompre la vie ". Enfin, en tant que
médecin, elle s'inquiète de " la judiciarisation de l'acte
médical qui conduira inévitablement à faire des choix influencés
par la nécessité de nous protéger [
les médecins ], rompant ainsi l'ancestral et tacite pacte
de confiance entre médecin et malade ".
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