Revue de presse du 06/12/2001
Revue Précédente

Article suivant

Didier Sicard défend " les produits défectueux " 

En réaction aux derniers arrêts de la Cour de Cassation, Didier Sicard, chef du service interne à l'hôpital Cochin et président du Comité Consultatif National d'éthique, s'inquiète de notre société " obsédée par le normal et donc la réparation à tout prix de l'anormal ". Didier Sicard attaque notre conception binaire, de ce qui mérite réparation et ce qui ne le mérite pas, qui nous empêche d'être " sensible à la richesse née de la différence ". Il s'insurge de nos esprits de " consommateurs exigeants " tranquillisés quand nous sommes sûrs d' " en avoir pour notre argent ". Il condamne cette société où  la justice désigne la médecine coupable  " d'assistance en personne en danger ", coupable de " livrer à la vie un tel produit défectueux ". 
Enfin,  il pointe  les hommes qui, au summum de leur narcissisme, se cachent la souffrance des autres en cherchant un responsable et un coupable comme on cherche des voies de guérison dans le clonage en empruntant des embryons disponibles. Cette déviance nous conduit, écrit-il,  " à nier la fraternité pour mieux se sauver soi même ". 

Le Monde 06/12/01

Revue de presse du 06/12/2001
Article Précédent

Article suivant

Débat politique autour de l’Arrêt Perruche

Suite à l’arrêt rendu le 28 novembre dernier et aux pressions du monde médicale, le gouvernement a priori hostile à l’idée de légiférer pour empêcher de nouvelles affaires « Perruche »,  pourrait être amené à changer d’avis. Il ne peut en effet, rester sourd à la polémique qui agite le monde politique d’autant que des parlementaires de la majorité  commence à s’y intéresser de près. Christine Lazerges, vice-présidente de l’Assemblée Nationale et députée socialiste de l’Hérault a ainsi fait parvenir aux sénateurs une proposition d’amendement sur le modèle de la proposition Mattéi (cf notre revue de presse du 05/12/01).Le Sénat examinera cette proposition courant janvier dans le cadre de la loi sur les droits des malades.
Quant à Claude Evin, il estime que « 
la proposition Mattéi ne résout rien, car la Cour de cassation a bien précisé qu’elle avait indemnisé, non pas le préjudice de la naissance, mais une faute commise par le médecin. Si l’on veut empêcher cela, il faut donc rédiger une proposition différente, disant qu’une personne atteinte d’un handicap congénital ne peut engager une action en réparation du préjudice subi ». Cependant, il demeure personnellement opposé à une telle législation. Il propose quant à lui une solution consistant à limiter le préjudice couvert par les assureurs pour empêcher une augmentation des primes versées par les médecins.
Bernard Kouchner, enfin, s’est déclaré « 
perplexe » et « pas du tout à l’aise » par rapport à cette affaire estimant indispensable d’ouvrir un débat.

La Croix 06/12/01 – Libération 06/12/01 – Le Figaro 06/12/01 - Le Parisien 06/10/01

Revue de presse du 06/12/2001
Article Précédent

Article suivant

Inquiétudes chez les praticiens du diagnostic
 pré - natal

En France, cinquante centres sont agréés par le ministère pour faire du diagnostic pré-natal. Aujourd'hui, les médecins de ces centres sont très inquiets face aux réactions des parents de plus en plus réticents à accueillir un enfant avec un handicap même minime.
Le Dr Laurent Fermont, cardiopédiatre à l'Institut de puériculture à Paris, explique que la pratique du diagnostic pré-natal ( DPN ) met les médecins dans une situation à double tranchant. Quand une anomalie est détectée par DPN, soit la grossesse est interrompue soit une prise en charge et une intervention dans les premiers mois sont envisagées. La première solution indique Dr Fermont n'est " plus un métier de médecin ". La seconde solution, d'intervenir chirurgicalement sur un nourrisson, ne permet pas forcément une guérison complète et n'exclut pas le risque d'un handicap à vie contre lequel les parents pourraient se retourner. 
Les pédiatres réanimateurs en charge de grands prématurés sont également " pris entre deux feux ". Ils doivent demander l'autorisation aux parents de réanimer leur prématuré. Mais si les parents refusent, ils sont exposés au délit de non assistance en personne en danger. Enfin, si l'enfant reste handicapé, les parents auront la possibilité de se retourner contre les médecins arguant du fait qu'ils n'ont pas été suffisamment informés. 
Par ailleurs, le Pr Jean Pierre Relier, ancien chef du service de néonatalogie de Port Royal, explique " qu'un tiers des grands prématurés de moins de 1000 grammes sont issus des procréations médicalement assistées, qui outre les problèmes inhérents à l'immaturité, les exposent aux risques de retard de croissance intra uterin ".

Gènéthique vous rappelle que les informations transmises dans la revue de presse quotidienne représentent toutes les opinions exprimées sur l’actualité bioéthique. Celles-ci ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Figaro 06/12/01

Revue de presse du 06/12/2001
Article Précédent

Article suivant

Les échographies sont-elles fiables ?

A l’heure actuelle, plus d’une centaine de plaintes sont en cours pour non-dépistage de malformations à l’échographie. Mais, l’échographie n’est pas une technique infaillible. Elle permet de détecter de graves anomalies dans 80% des cas mais laisse globalement échapper 40% des malformations. En France, 2% des enfants naissent avec une malformation, ce qui représente environ 14 000 nouveaux nés. Si l’on suppose que la moitié seulement d'entre eux sont détectés, on peut évaluer à 7000 le nombre de familles qui pourraient porter plainte contre leur médecin.

Gènéthique vous rappelle que les informations transmises dans la revue de presse quotidienne représentent toutes les opinions exprimées sur l’actualité bioéthique. Celles-ci ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Figaro 06/12/01 - Le Parisien 06/12/01

Revue de presse du 06/12/2001
Article Précédent

Revue suivante

Du DPN au " délit de sale gueule "

Aujourd’hui le dépistage sérique dans le sang maternel est en principe proposé à toutes les femmes enceintes entre la 14ème et la 17ème semaine de grossesse. Ce test remboursé depuis 1997 par la Sécurité sociale était au cœur du débat dans les affaires plaidées la semaine dernière devant la Cour de cassation. Cependant, cette technique ne permet de définir pour chaque femme enceinte qu’un risque de trisomie allant de 1 sur 10 à 1 sur 10 000. Quand le risque est supérieur à 1 sur 250, il est proposé une amniocentèse. Mais cette technique ne permet pas de détecter tous les enfants atteints d’une anomalie chromosomique. 40 000  amniocentèses sont pratiquées chaque année et 400 fœtus trisomiques sont ainsi dépistés. Rappelons que cet examen n’est pas dénué de conséquences puisqu’elle est suivie d’une fausse couche dans environ 1% des cas. Ainsi le nombre de fœtus trisomiques dépistés seraient équivalent au nombre de fœtus sains perdus en raison de l’amniocentèse. 
Depuis une vingtaine d’années, la médecine tente donc de faire naître des enfants « zéro défaut ». Le Dr Roger Bessis, président du collège français d’échographie fœtale souligne que les médecins vont être amenés à la moindre anomalie, « au moindre délit de sale gueule in utero », à pratiquer une interruption médicale de grossesse. C’est pourquoi de nombreux parents témoignent comme  Alexandre Varaut, avocat et père d’un enfant trisomique qui s’insurge contre les dérives de cet arrêt, porte ouverte à « un immonde meilleure des mondes » : « la vie handicapée est une des formes de vie, et cette autre est un peu plus compliquée : l’aider est un devoir, l’indemniser est une injure ».

Gènéthique vous rappelle que les informations transmises dans la revue de presse quotidienne représentent toutes les opinions exprimées sur l’actualité bioéthique. Celles-ci ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Figaro 06/12/01

 

Retour accueil revue de presse