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La Synthèse de presse bioéthique du vendredi 3 septembre 2010
Impasse de la théorie du genre
Interrogé
par Zenit, Monseigneur Tony Anatrella, psychanalyste, spécialiste en
psychiatrie sociale et consulteur du Conseil Pontifical pour la famille et du
Conseil Pontifical pour la santé, explique les dangers de l'idéologie du
genre. Dans un entretien en plusieurs volets, il revient sur les
développements d'une conférence intitulée "Caritas in Veritate et la théorie
du genre" qu'il a été invité à donner auprès des évêques africains réunis au
Ghana du 26 juillet au 2 août 2010 pour la 15ème assemblée plénière du
Symposium des Conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SCEAM).
Tony Anatrella rappelle que la dernière encyclique du Pape Benoît XVI est
centrée sur la question anthropologique. Caritas in Veritate aborde en
effet la conception de l'homme qui s'est construite à partir des sciences
humaines durant les cinquante dernières années. Cette conception se présente
comme une idéologie laissant entendre que "l'homme n'est que le résultat de
la culture et qu'il se construit indépendamment de la nature humaine et de lois
universelles inhérentes à sa condition". Aujourd'hui, "la théorie du
genre est le signe le plus problématique des idées actuelles sur l'homme"
qui opèrent une déconstruction de l'anthropologie.
Benoît XVI souligne "le glissement actuel qui voudrait qu'on organise la
société à partir de droits individuels sans que ceux-ci ne soient confrontés au
bien commun". Revendiqués par des groupes de pression au nom des droits de
l'homme, ces particularismes aléatoires appelés "droits individuels"
en viennent à être reconnus par les organismes internationaux comme la Cour
européenne des droits de l'Homme ou l'ONU, au risque de mettre fin aux droits de
l'Homme eux-mêmes dans leur dimension objective et universelle. "Aujourd'hui,
nombreux sont ceux qui sont tentés de prétendre ne rien devoir à personne, si ce
n'est à eux-mêmes. Ils estiment n'être détenteurs que de droits et ils éprouvent
souvent de grandes difficultés à grandir dans la responsabilité à l'égard de
leur développement personnel intégral et de celui des autres" écrit Benoît
XVI. La philosophie individualiste et subjectiviste contemporaine place l'homme
dans une position de toute-puissance. L'homme "n'est plus approché comme un
donné offert à lui-même en ayant une ontologie qui lui est propre, mais comme un
être qui se crée et se façonne lui-même". L'homme contemporain se pense
lui-même sans référence à une objectivité extérieure qui le précède, "sans
autre vis-à-vis que son propre narcissisme et sa suffisance" égotiste.
L'idéologie du genre renvoie l'homme à "une nature indéterminée et
malléable à merci selon les fantasmes de chacun". Elle tente de "redéfinir
la sexualité humaine sur une base idéaliste [...] qui va à l'encontre de la
réalité de l'incarnation de l'homme dans un corps spécifique". Les tenants
de cette théorie "soutiennent l'idée que nous sommes tous des êtres humains
avant d'être des hommes ou des femmes. Ce sophisme généreux est une illusion car
l'être humain en soi n'existe pas. Nous ne sommes pas asexués. Nous ne
rencontrons que des personnes qui sont soit un homme soit une femme. D'ailleurs,
il n'y a pas d'autres identités en dehors de celles-ci".
Alors que le paysage intellectuel contemporain retient la théorie du genre comme
"une norme quasi-internationale", Tony Anatrella dit la nécessité de
présenter la vision réaliste de la complémentarité de l'homme et de la femme, du
"couple fondé sur un homme et une femme, les seuls à symboliser le sens de
l'amour dans la conjugalité et la filiation familiale". Il rappelle que "la
personne humaine est non seulement donnée à elle-même, mais elle est également
faite pour le don. 'L'amour dans la vérité place l'homme devant l'étonnante
expérience du don. La gratuité est présente dans sa vie sous de multiples formes
qui souvent ne sont pas reconnues en raison d'une vision de l'existence purement
productiviste et utilitariste. L'être humain est fait pour le don; c'est le don
qui exprime et réalise sa dimension de transcendance'".
Il explique également la façon dont la théorie du genre utilise le langage pour
faire avancer ses idées : "Qui a réfléchi sur le concept de "gouvernance" qui
est un terme chantant et joli mais qui n'a pas le même sens que celui de
gouvernement. Il en va de même avec le concept de "parentalité" qui succède à
celui de "parenté" et qui induit une toute autre signification. Ou encore le
concept de "santé reproductive" qui n'a rien à voir avec l'accompagnement des
mères et des familles mais qui signifie la propagation des moyens contraceptifs
et abortifs. Il est préférable de lui substituer le concept de "santé familiale"
qui englobe le père, la mère et les enfants : bref la cellule familiale".
Tony Anatrella dénonce les effets délétères de cette théorie qui amène à
considérer la maternité comme un "handicap et une injustice" pour les
femmes et dont il faudrait les libérer : idée qui explique la multiplication des
campagnes en faveur de la contraception et de l'avortement dans le monde.
Zenit (Tony Anatrella, propos recueillis par Anita S. Bourdin) 30 et 31/08/10, 01 et 02/09/10
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