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La Synthèse de presse bioéthique du mercredi 1er septembre 2010
Le projet de loi de bioéthique est présenté
Le
31 août 2010, la ministre de la santé Roselyne Bachelot a présenté le projet de
loi de bioéthique qui sera discuté au Conseil des ministres à la fin du mois de
septembre 2010 et débattu au Parlement en novembre. Le texte, qui compte une
trentaine d'articles, prévoit de maintenir l'interdiction de principe de la
recherche sur l'embryon avec dérogations mais en mettant fin au moratoire de 5
ans.
Le recours aux techniques d'aide médicale à la procréation (AMP) n'est pas
étendu aux couples homosexuels et aux célibataires et reste indiqué pour "des
raisons strictement médicales". La ministre de la santé prévoit que les
couples pacsés pourront demander une AMP sans avoir à justifier de deux années
de vie commune. Dans le cadre de la procréation assistée, de nouvelles
techniques pourront être expérimentées dont la vitrification d'ovocytes (Cf.
Synthèse de presse du 22/06/10). En revanche,
le transfert d'embryons post-mortem demeure proscrit. La pratique des mères
porteuses reste rigoureusement interdite.
Le diagnostic préimplantatoire (DPI) resterait destiné aux familles touchées par
"une maladie génétique d'une particulière gravité".
Le texte de loi veut un meilleur encadrement de l'échographie afin de limiter
tout risque de contentieux. Il vise aussi à égaliser les conditions de
l'interruption médicale de grossesse (IMG) qui sont actuellement disparates
selon que les risques concernent la mère ou le foetus.
Le projet prévoit une nouveauté : "l'information de la parentèle". Il
s'agit de permettre à une personne atteinte d'une maladie génétique susceptible
de concerner d'autres membres de sa famille, d'informer sa parentèle par le
biais du médecin. Jusqu'à présent, les médecins ne peuvent rien révéler en
raison du secret médical.
Un changement notable est également apporté au sujet de l'anonymat du don de
gamètes qui devrait être levé : désormais, les enfants nés à la suite d'un don
de sperme ou d'ovocyte, pourront à leur majorité demander à connaître l'identité
du donneur si ce dernier est d'accord. En cas de refus, les enfants nés par
insémination artificielle avec donneur pourront accéder à des données non-identifiantes
sur le donneur, non seulement médicales mais aussi sur son profil, sa région
d'origine, etc. Cette levée de l'anonymat sera appliquée de façon rétroactive.
Même si cette mesure peut causer une chute des dons, le ministère de la santé
soutient qu'elle entraînera un changement du profil des donneurs et conduira à
les "responsabiliser". Cette mesure suscite des réactions contrastées. Il
s'agit d' "un vrai pas en avant" selon Pauline Tiberghien, présidente de
l'association Procréation médicalement anonyme (PMA) qui se félicite de voir que
"les pouvoirs publics ont pris conscience de la souffrance de nombreux
enfants nés d'un don". Selon les professionnels des Cecos (centres d'étude
et de conservation des oeufs et du sperme) qui gèrent les dons de gamètes, la
grande majorité des donneurs ne souhaitent pas la levée de l'anonymat.
Enfin, le principe de réviser la loi de bioéthique tous les cinq ans sera
abandonné.
La Croix (Marine Lamoureux) 01/09/10 - Libération (Eric Favereau) 01/09/10
© Copyright Gènéthique - Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse d'articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.