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La Synthèse de presse de genethique.org du vendredi 5 février 2010

 

 

 

IVG : les briseurs de tabou suscitent des réactions

IVG : les briseurs de tabou suscitent des réactionsA l'approche du Super Bowl, le 7 février 2010,  le jeune Tim Tebow, 23 ans et déjà star du football universitaire aux Etats-Unis n'en finit pas de faire parler de lui outre Atlantique. Il se trouve en effet au centre d'un affrontement entre les partisans de la défense de la vie ("Pro Life") et ceux qui plébiscitent l'avortement ("Pro Choice"). A l'occasion de l'évènement sportif américain le plus attendu de l'année, Tim Tebow a relancé une fois de plus le  débat public sur l'avortement aux Etats-Unis, "une des questions les plus sensibles de la société américaine". Le débat s'est focalisé autour d'un spot publicitaire intitulé "Célébrer la famille, célébrer la vie" qui passera à la télévision lors de la retransmission de la finale de football : le jeune champion y apparaîtra en compagnie de sa mère Pam qui témoigne qu'il n'aurait jamais vu le jour si elle "avait écouté les médecins qui l'encourageaient à subir un avortement alors qu'elle était tombée gravement malade pendant une mission aux Philippines".  Ce spot, financé par l'association évangélique "Focus on the Family" a déclenché la colère des groupes partisans de l'avortement qui y voient  "l'utilisation de l'histoire d'une famille pour faire la morale aux ménages américains et encourager les jeunes femmes à se détourner de l'avis médical et à mettre leur vie en danger". Ces groupes "Pro Choice" veulent censurer le spot mais leur demande a été rejetée au nom du droit à la libre expression, très cher aux américains, qu'a rappelé le New York Times, notant que "celles et ceux qui défendent le droit de choisir devraient aussi se soucier de la liberté des femmes comme Pam Tebow de faire leurs propres choix".  Le père de Tim Tebow, pasteur évangélique, a lui aussi témoigné des circonstances difficiles qui ont entouré la grossesse de son épouse et la naissance de son fils Tim, cinquième enfant de la famille, dans Le journal Sports Illustrated.

En France, le journaliste Eric Zemmour a suscité des réactions après sa chronique "Z comme Zemmour" sur RTL dans la matinale de Vincent Parizot, le 3 février 2010, où il s'est exprimé au sujet du rapport de l'IGAS sur l'IVG et la contraception. Marie-Georges Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste français (PCF) a depuis mis le chroniqueur "au 'défi de débattre publiquement' de la question de l'IVG, après que celui-ci 'ait tenu des propos sexistes inadmissibles' le matin même" qu'elle considère "à la limite de l'insulte" envers les femmes et les féministes. Elle dit se permettre "de lui demander réparation". "Je le mets au défi de débattre publiquement avec moi de cette question à la même heure sur la même antenne" a-t-elle déclaré.

 La Croix (Stéphanie Fontenoy) 05/02/10 - Lifenews.com 04/02/10 - Le JDD.fr 03/02/10

© Copyright Gènéthique - Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse d'articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

 

Un débat national agité autour des nanotechnologies

Un débat national agité autour des nanotechnologiesDepuis le lancement des débats publics sur ces technologies de l'infiniment petit, le 15 octobre 2009 à Strasbourg, les militants du groupe grenoblois Pièces et main d'oeuvre (PMO) avaient manifesté leur désaccord total aux nanotechnologies, considérant le débat faussé d'avance. Parce que pour eux "participer, c'est accepter", les membres de PMO ont perturbé la plupart des réunions organisées en France pour débattre des nanotechnologies, au point que certaines, initialement prévues les 9 et 16 février 2010, ont récemment été annulées à Montpellier et à Nantes. Ces opposants considèrent que la Commission nationale de débat public (CNDP) n'est "ni indépendante, ni neutre, ni une instance de débat" mais une "officine vouée à l'acceptabilité des nanotechnologies" qui vise à éviter "une révolte d'opinion contre une technologie imposée". Ils critiquent " 'l'approche technicienne' qui ne s'interroge jamais sur le bien fondé de telle ou telle technologie nouvelle". Ils ne s'inquiètent pas seulement du développement de "nouvelles nano-particules, fussent-elles toxiques" mais aussi du danger de "l'avènement d'une société de surveillance et de contrainte" que favoriseraient les nanotechnologies.

En constante évolution, les nanotechnologies tendent à "envahir tous les champs de la vie quotidienne, y compris les domaines de la biologie et de la médecine, avec une infinité de questions à la clé. Ce 'nanomonde' mystérieux inquiète". La peur est que ces technologies soient développées sans contrôle et "sans évaluation suffisante des potentiels dangers, des effets à long terme de ces minuscules éléments, de leur possible combinaison avec des processus biologiques". Ceux qui s'y opposent " redoutent qu'impossibles à détecter, ils soient utilisés pour des usages peu compatibles avec les libertés publiques. Ils craignent une fuite en avant irréversible, motivée par l'intérêt économique". Si le question est bel et bien complexe, l'on peut regretter que le débat ait été ainsi perturbé. C'était pourtant "l'occasion pour les scientifiques, pour les industriels d'expliquer leurs projets, pour les opposants de formuler leur désaccord et pour les observateurs de nourrir leur réflexion". Pourquoi en effet "déplorer l'opacité des décisions scientifiques, politiques et industrielles et ne pas saisir toutes les chances de les éclairer" ?

Interrogé par le journal Ouest France, Jean-Pierre Chaussade, membre de la CNDP sur les nanotechnologies, affirme que malgré l'agitation et les violences verbales des opposants lors de la tenue des débats, les organisateurs ont "affronté les choses calmement" et que tous les sujets souhaités ont pu au final être abordés. Le bilan de ces réunions est selon lui "tout à fait intéressant" et "la Commission veut maintenant conduire le débat à son terme. D'ici sa clôture le 23 février, nous approfondirons le thème 'éthique et gouvernance'. [...]  La société civile nous a dit : 'on veut être là lorsqu'on parle de développement, utilisation ou recherche sur les nanotechnologies. On veut être partie prenante'. Mais aujourd'hui sur tous ces points, il n'y a rien qui existe. Il n'y a pas de schéma cohérent". Ce débat était essentiel afin de "définir les conditions de développement, d'encadrement, et de contrôle des nanotechnologies, au plan français et même européen" estime Jean-Pierre Chaussade. Il reviendra au gouvernement de dire la suite qu'il veut donner aux divers points abordés lors du débat public.

 Ouest France.fr (Serge Poirot, Jean-Pierre Chaussade, propos recueillis par François Vercelletto) 05/02/10 - La Croix (Dominique Quinio) 05/02/10