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La Synthèse de presse bioéthique du jeudi 12 novembre 2009
Condamné pour acharnement thérapeutique
En
juin dernier, le centre hospitalier d'Orange dans le Vaucluse a été condamné par
le tribunal administratif de Nîmes (Gard) pour avoir réanimé un bébé, né en 2002
et lourdement handicapé.
Quand Michaël (prénom modifié) voit le jour en 2002, il est en état de "mort
apparente". Les médecins n'ont pas décelé une anomalie du rythme cardiaque fœtal. Le
nouveau né est sans réaction et son cœur bat bien plus lentement que la normale.
A ce moment là, son cerveau n'est pas suffisamment alimenté en oxygène mais
l'équipe médicale fait tout pour le réanimer. Vingt minutes après
l'accouchement, le gynécologue annonce aux parents le décès de leur fils alors
que les tentatives de réanimation continuent et finissent par aboutir : le cœur
repart.
Aujourd'hui, Michaël a 7 ans et est atteint d'un handicap physique et mental
très lourd. "Il ne marchera jamais et sa colonne vertébrale est tenue par une
coque. Rendez-vous compte : son cerveau a été privé d'oxygène pendant au moins
vingt minutes", explique Me Alexandre Berteigne, l'avocat de la famille.
Pour les juges, "les médecins ont montré une obstination déraisonnable",
au regard du code de déontologie, "constitutive d'une faute médicale".
Ils n'auraient pas pris en compte "les conséquences néfastes hautement
prévisibles pour l'enfant" de l'absence d'oxygénation du cerveau.
Cette décision du tribunal de Nîmes fait débat au niveau des médecins. "Sur
le plan médical, au delà de trois minutes de privation d'oxygène on sait qu'il y
aura des conséquences cérébrales irréversibles. Mais on ne connaît l'ampleur de
ces conséquences qu'une fois l'enfant réanimé. Or réanimer, c'est notre métier',
expliquent deux chefs de service d'hôpitaux parisiens.
Le Pr Philippe Hubert, chef du service de réanimation pédiatrique à l'hôpital
Necker rappelle que "ne pas réanimer un nouveau-né en état de mort apparente
serait une faute médicale". La décision d'arrêter des traitements vitaux
doit, selon lui, et dans la mesure du possible, ne pas se prendre dans l'urgence
et se faire de façon collégiale. Il rappelle qu'avec la loi Leonetti, il est
possible d'arrêter des traitements vitaux sans risque d'être condamné pour
homicide.
L'hôpital d'Orange a décidé de ne pas faire appel.
Le Figaro (Guillaume Mollaret) 12/11/09
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