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La Synthèse de presse bioéthique du jeudi 5 novembre 2009
Les chimères à la base de l'art biotech
Le
magazine La Vie, consacre un article à l'art biotech également appelé
bioart. L'un des pionniers de cet art nouveau est Eduardo Kac. Ce brésilien
vient, au terme de six ans de travail avec des scientifiques d'intégrer l'un de
ses chromosomes dans le patrimoine génétique d'un pétunia. Il a ainsi crée un
organisme baptisé plantanimal qui ressemble à un pétunia mais "dans ses
nervures, coule non pas de la sève mais un peu du sang de l'artiste".
Ils sont quelques centaines d'artistes à utiliser les biotechnologies non
seulement comme sujet d'étude mais aussi comme outil. Ainsi, ils créent
d'étranges chimères. Certains ont d'ailleurs mis de côté la recherche du beau
pour s'affirmer comme des éveilleurs de conscience.
Pour Jens Hauseur, commissaire de plusieurs expositions de ce type, ces œuvres
"lèvent le voile sur le monde clos des laboratoires, matérialisent les
potentialités et les possibles dérives de la science".
L'un des artistes de ce genre nouveau, George Gessert créé volontairement des
fleurs difformes, miroirs d'une société tentée de trier le vivant et qui se
veulent une réflexion sur l'eugénisme.
Eduardo Kac s'interroge : "demain nous pourrons créer des êtres totalement
nouveaux. Quelle place leur ferons-nous, alors ? Comment vivrons-nous à leurs
côtés ?". Aujourd'hui avec l'ensemble des techniques que sont la chirurgie,
la génétique, et l'électronique l'homme est capable de se réinventer, d'être son
propre créateur.
La crainte aujourd'hui avec ce type d'artistes travaillant à partir du vivant
est de tomber sur "un savant fou qui se lancerait dans un programme
transgressif de mutation humaine ou animale", conclut le philosophe Yves
Michaud.
La Vie (Christine Monin) 05/11/09
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