L'Académie
de médecine s'est prononcée hier contre la gestation pour autrui (GPA),
à 43 voix sur 82. Deux recommandations étaient soumises au vote des
académiciens : proposée par Roger Henrion et Claudine Esper notamment,
la première recommandait, qu'en
cas de légalisation, la GPA "soit assortie d'une démarche
d'évaluation des risques" ; la seconde appelait les sages à se
prononcer nettement contre cette pratique.
Prenant la parole sous la
coupole, l'ancien ministre de la Santé, Jean-François Mattéi, a demandé
à l'Académie d'exprimer un avis clairement défavorable sur une pratique
"qui s'engage dans une déshumanisation de la maternité". "Je
suis vivement préoccupé, comme pédiatre, qu'un enfant puisse faire
l'objet d'un contrat ! Cela revient à légitimer l'abandon d'enfant. Et
que dire des liens tissés pendant la grossesse ? On crée des situations
dont l'issue nous échappe", a-t-il dénoncé.
Président honoraire de l'Académie et membre du Comité consultatif
national d'éthique (CCNE), le gynécologue Claude Sureau a plaidé lui
pour que l'on prenne "le risque de la GPA".
En parallèle, plusieurs
associations de défense des mères porteuses étaient auditionnées hier à
l'Assemblée nationale par la mission d'information sur la révision de la
loi de bioéthique. Présidente de l'association Maia, Laure Camborieux
estime que cette pratique n'entraîne "pas de dérive financière, et
pas d'exploitation des femmes". Pour elle, l'interdiction française
"pousse à la délocalisation procréative". Membre de
l'association, Sandra Saint-Laurant a raconté son parcours qui l'a
conduit aux Etats-Unis et où, moyennant 18 000 $ (soit 15 000 €), elle a
trouvé une "nounou" : "cette compensation m'a (...) permis de
me sortir d'un asservissement vis-à-vis d'elle", explique-t-elle.
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