Suite
de l'ABC de la bioéthique de La Croix, "la loi naturelle,
fondement de la morale chrétienne". "Ce concept fort ancien est
remis en lumière par le pontificat de Benoît XVI, pour expliquer les
positions de l'Eglise catholique en matière de morale, et notamment de
bioéthique", introduit le quotidien. Devant la Commission
théologique internationale, en décembre 2008, le pape insistait ainsi
sur la nécessité de "créer dans la culture et dans la société civile
et politique les conditions indispensables pour une pleine prise de
conscience de la valeur incontournable de la loi morale naturelle".
Le moraliste canadien, Réal
Tremblay, membre de l'Académie pontificale de théologie, explique que "la
loi naturelle, c'est ce qui fait que l'homme est", "c'est quelque
chose d'incontournable, de propre à l'homme, quelle que soit sa
condition physique, mentale, sa naissance". D'après les mots de
Benoît XVI, elle est "le message éthique inscrit dans l'être humain".
Affaire de raison, elle n'est pas réservée à un regard de foi. Or, parmi
ces lois inscrites dans la nature spirituelle et morale de l'homme, il y
a le respect de la vie, de toute vie.
Le quotidien fait ensuite le
point sur la position des autres religions.
Pour le protestantisme, le fondement de l'éthique se trouve dans
l'Ecriture. Le primat de la conscience, l'intérêt des personnes et
l'exigence de justice sociale caractérisent aussi l'éthique protestante.
Les protestants en appellent donc à une éthique de la responsabilité.
La doctrine orthodoxe repose elle davantage sur les grands traités des
Pères de l'Eglise. En bioéthique, ses positions reposent sur trois
présupposés non négociables : l'absolue souveraineté de Dieu ; le modèle
de la Trinité pour une responsabilité de tous envers chacun ; la tension
eschatologique : toute décision à la vie doit être marquée par la
vérité, la beauté et la perfection du Royaume de Dieu.
Pour le judaïsme, la Torah et les traités talmudiques posent des règles
générales, comme l'interdit de l'avortement. Mais, si la vie de la mère
est en danger elle prime sur celle de son enfant jusqu'à la naissance.
L'embryon est en fait protégé in vivo mais ne l'est pas in
vitro puisque, seul, il n'a pas le potentiel de devenir une
personne.
L'islam n'a pas de position officielle sur la bioéthique. Le caractère
sacré de la vie est toutefois un principe de base de l'islam. Mais, face
à une question et en l'absence de réponse précise dans le Coran, les
dits du Prophète ou la jurisprudence, chacun devra choisir en son âme et
conscience.
Enfin, "le bouddhisme est traversé d'une dimension éthique qui repose
sur la culture de la non-violence et de la bienveillance, sans oublier
une motivation altruiste". Sans magistère et constitué de multiples
écoles, il renvoie l'individu à sa propre responsabilité. "De grandes
constantes éthiques peuvent néanmoins être esquissées, telles
l'inviolabilité de toute vie humaine, qui est sacrée." |