Face
à un nombre d'avortements qui reste élevé (210 000 environ chaque année)
en même temps qu'un usage massif de la contraception, Le Quotidien du
Médecin se demande "comment réconcilier les femmes avec leur
contraception". Cet apparent paradoxe n'est pas l'apanage de la
France seule, en Angleterre où toutes les méthodes de contraception sont
remboursées, le nombre d'avortements ne cesse d'augmenter.
En 2006, 209 699
avortements ont été pratiqués en France métropolitaine, soit un taux de
14,4‰ femmes. Signalons que ce taux est plus élevé encore dans les
départements d'Outre-mer : par exemple, en Guyane, il atteint 34,7‰.
Chez les adolescentes de 15 à 17 ans, ce taux est passé de 8,9‰ en 2000
à 11,5‰ en 2006.
Pourtant, selon
une enquête INPES BVA de février 2007, 66% des personnes en âge de
procréer utilisent un moyen contraceptif : 58% les estroprogestatifs,
28% les préservatifs, 21% les dispositifs intra-utérins (DIU) et 8% les
autres méthodes. D'après Le Quotidien, les estroprogestatifs font
encore peur en raison de leurs effets secondaires potentiels (prise de
poids, modifications d'humeur, migraine, cancer...) et la vente de
plaquettes diminue : de 65 millions de plaquettes vendues en 2003, on
est passé à 61 millions en 2007. Par ailleurs, le journal note que 30 à
50% des femmes arrêtent de prendre leur pilule au cours de la première
année (la majorité dans les six premiers mois). Plus de 50% des
adolescentes arrêtent dans les trois premiers mois.
Le Quotidien
souligne alors le "rôle prépondérant" du médecin en tant que
relais d'information sur la contraception, appuyé par les médias et
insiste sur la nécessité de tenir compte "des perceptions
individuelles, socio-psychologiques et culturelles différentes chez
chaque patiente". "La consultation de contraception (...)
ne doit pas se résumer à "l'ordonnance" pour plusieurs mois."
"L'adhésion au produit est nécessaire à son observance",
poursuit-il.
Le journal insiste
enfin sur la nécessité d'"une information et une éducation à la
sexualité (...) dispensées dans les écoles, les collèges et les
lycées" comme prévu par la loi et d'une implication plus forte des
médecins dans leur ville.
"La
prise en charge de la contraception des femmes en 2009 doit les
impliquer mais doit aussi impliquer davantage leur médecin", conclut
Le Quotidien qui ajoute que "les produits vont (...)
encore s'améliorer" et qu'"il faudra les prescrire en expliquant,
convaincre afin d'améliorer leur observance pour éviter ce nombre
important d'IVG ou de grossesses non désirées"...
[NDLR : les DIU ou
stérilets sont ici classés dans les produits contraceptifs, or, ils ont
un effet abortif en empêchant la nidation de l'embryon.] |