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La Synthèse de presse bioéthique du lundi 18 mai 2009
De la recherche sur l'embryon (II/ III)
Dans
Liberté Politique, Pierre-Olivier Arduin, responsable de la Commission
bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon, revient pour la seconde fois sur la
question de la recherche sur l'embryon humain (cf.
Synthèse de presse du 06/05/09) et plus
particulièrement sur la position du Conseil d'Etat (CE) en la matière.
Dans un premier temps, il rappelle la législation en vigueur : une interdiction
de la recherche sur l'embryon assortie de conditions suspensives. Ces conditions
dérogatoires, explique-t-il, vident de sa substance le principe d'interdiction
lui même. Lors de son audience au Parlement,
Marc Peschanski confessait que l'Agence de la
biomédecine avait joué un rôle "d'écran protecteur des scientifiques vis-à-vis des opposants à la recherche sur l'embryon grâce à une interprétation large
de la loi".
Dans son rapport, le CE préconise un régime permanent d'autorisation "enserré
dans des conditions strictes". Ces conditions sont de deux ordres. D'une
part, travailler sur des projets "susceptibles de permettre des progrès
thérapeutiques majeurs". Notons que le mot "susceptibles" ne
contraint pas à l'avance de définir les résultats thérapeutiques espérés.
D'autre part, le CE demande à ce qu'il y ait "impossibilité, en l'état des
connaissances scientifiques, de mener une recherche identique à l'aide d'autres
cellules que des cellules souches embryonnaires humaines". Et Pierre-Olivier
Arduin de s'interroger de la traduction que l'Agence de la biomédecine fera de
cette condition sachant qu'elle "ne s'est jamais souciée" de savoir si
les demandes d'autorisations qu'elle a eues à examiner pouvaient "être
poursuivies par une méthode alternative d'efficacité comparable" comme
l'indique la loi en cours.
Le CE conseille donc au législateur de "fixer un cadre permanent qui serait mis
en œuvre par l'Agence de la biomédecine chargée d'en rendre compte
annuellement". Pour Pierre-Olivier Arduin, les nouvelles dispositions reviennent
à remettre les décisions dans les mains de ceux qui ont le plus intérêt à
transgresser.
Il souligne que cette proposition du CE rejoint la nouvelle politique américaine
en matière de recherche sur les cellules souches embryonnaires (cf.
Synthèse de presse du 09/03/09).
Or, explique Pierre-Olivier Arduin, il existe une troisième solution qui serait
de "revenir à la loi du 29 juillet 1994 interdisant toute expérimentation sur
l'embryon". Ce choix a d'ailleurs été envisagé par Arnold Munnich,
conseiller personnel du chef de l'Etat en matière scientifique, devant
l'Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques
(OPECST).
Enfin, Pierre-Olivier Arduin dénonce le nombre de plus en plus important
d'embryons dits "surnuméraires" qui serait de 176 523 en 2006, soit
34 512 de plus qu'en 2005, ce qui représente une augmentation de 25%
en un an. Il souhaite que l'on puisse interdire cette production en surnombre
des embryons.
Et de conclure sur l'acharnement à vouloir faire de l'embryon un matériau de
recherche en reprenant les propos du professeur Testard : "à
l’évidence, des motivations non exprimées se substituent aux arguments à
prétention scientifique des conquistadores de l’embryon humain. Peut-être est-ce
le mythe de la fontaine de jouvence qui leur fait privilégier le plus jeune des
matériaux biologiques ? Ou est-ce parce qu’ils ne supportent pas que l’embryon
se trouve encore légalement préservé de la recherche, […] ou est-ce pour
“taquiner le catho” ? La pulsion d’accaparement du plus petit de notre espèce
pourrait ainsi relever d’une exigence de consommation cannibale… "
(Libération 27/04/09).
Liberté Politique.com (Pierre-Olivier Arduin) 14/05/09
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