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La Synthèse de presse bioéthique du mercredi 13 mai 2009
A propos des mères porteuses
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personnalités de tous bords (de Sylviane Agacinski à Carole Bouquet en passant
par Gisèle Halimi, Boris Cyrulnik ou encore Axel Khan) viennent de lancer un
manifeste contre la légalisation de la gestation pour autrui (GPA). Pour elles,
"prendre en compte la souffrance des couples infertiles ne peut justifier de
transgresser des principes qui fondent notre vie collective et notamment le
devoir de protection des plus vulnérables". Elles estiment que la GPA ouvre
la voie à l'exploitation des femmes, à la promotion du "tout génétique" et à la
programmation d'enfants conçus pour être abandonnés par les femme qui les ont
portés. Et, quand bien même la loi limiterait les dérives mercantiles voire le
tourisme procréatif, celle-ci "légitimerait (...) des pratiques que
nous condamnons parce qu'elles remettent en cause la protection des plus
vulnérables".
Le Quotidien du Médecin consacre à son tour une page à la question des
mères porteuses et publie un débat entre les Prs René Frydman et Israël Nisand.
Pour le premier, "l'éthique doit primer face à la demande d'une satisfaction
génétique". Sans nier la souffrance des couples qui ne peuvent pas avoir
d'enfants, le Pr René Frydman dénonce une pratique aliénante qui, pour
satisfaire un désir personnel, utilise une tierce personne et son entourage. Il
doute par ailleurs de la réalité d'une absence de commerce et s'élève contre l'"idéologie
extrêmement dangereuse" du "tout génétique". La consécration de la "sacro-sainte
génétique" conduit à la tenue d'un "discours contradictoire" : "d'un
côté, il faut que ce soit l'enfant génétique du couple et on dit à la femme qui
porte l'enfant de ce couple que la grossesse n'a pas d'importance, qu'aucun lien
ne se crée, qu'elle va pouvoir s'en détacher facilement parce qu'elle ne l'a pas
investi" et, "de l'autre, on dit à une femme qui va recevoir un don
d'ovocyte que, ce qui est important, ce n'est pas l'aspect génétique mais le
lien qu'elle va tisser pendant la grossesse, le fait qu'elle va accompagner
l'enfant et l'élever". Pour lui, si on accepte cette "survalorisation du
soi", il n'y a aucune raison de ne pas accepter le clonage reproductif.
A l'inverse, le Pr Israël Nisand estime qu'"il faut traiter les demandes
légitimes". Il base son argumentation sur le fait que "nous faisons déjà
du cas par cas dans le diagnostic prénatal" et qu'il y a dans ce domaine "une
remarquable homogénéité entre les décisions" des différents centres (12 000
dossiers soumis depuis 10 ans, dont 6 000 aboutissent à une interruption
médicale de grossesse). Pour lui, il faudrait donc instaurer le même système
pour la GPA.
Le Figaro 13/05/09 - Le Quotidien du Médecin (Stéphanie Hasendahl) 12/05/09
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