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La Synthèse de presse bioéthique du lundi 11 mai 2009
Les mères porteuses : "une aliénation biologique"
Le
président de la république "fera une synthèse des propositions à l'été
prochain" sur la révision des lois de bioéthique et notamment sur le sujet
des mères porteuses, a déclaré Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la Famille.
Alors que le Conseil d'Etat (CE) vient de se prononcer contre la légalisation
des mères porteuses (cf.
Synthèse de presse du 06/05/09), y opposant des
"objections très fortes" dont celle du "risque de marchandisation du
corps humain", Nadine Morano a réitéré sa position en faveur de la
légalisation de cette pratique.
La philosophe Elisabeth Badinter s'est dite "déçue" de l'avis du CE,
alors que le gynécologue René Frydman l'a jugé "très sage". Pour lui
"on ne peut pas mettre le petit doigt dans ce qui est de l'exploitation des
femmes pour d'autres, parée de toutes les vertus de la générosité".
Enfin, la philosophe Sylviane Agacinski vient de publier le livre "Corps en
miettes" (Flammarion), véritable réquisitoire contre les mères porteuses.
"L'instrumentalisation du ventre féminin n'est rien d'autre qu'une forme grave
d'aliénation qui ne peut trouver un alibi dans une finalité thérapeutique",
écrit-elle. Elle dénonce le principe même de la location d'utérus qui
porte atteinte à la dignité de la personne. Selon elle, l'industrie procréative
instaure une forme inédite d'"aliénation biologique". Elle rappelle que
c'est l'accouchement et non le projet, le contrat ou la volonté, qui font la
mère.
Alors que les partisans de la gestation pour autrui (GPA) présentent cette
pratique comme un acte généreux, Sylviane Agacinski explique que "la
générosité est l'alibi du marché des ventres". "Nulle part la maternité pour
autrui n'est autre chose qu'un commerce", souligne-t-elle.
Elle explique que "le marché des mères porteuses n'est pas régi par la
liberté, mais par le besoin" et que l'on est en train d'inventer un nouveau
métier : "la gestatrice".
Enfin, en ce qui concerne l'enfant, elle rappelle que, dans la GPA, on programme
et légitime un abandon. "Cet enfant apprendra qu'il a fait l'objet d'un
contrat. Comment le vivra-t-il?", s'interroge-t-elle.
Notons que selon
un sondage du Figaro.fr,
64,4% des votants ne sont pas favorables à la légalisation des mères porteuses.
La Croix.com 07/05/09 - Google.com 08/05/09 - Le Figaro 08/05/09 - Le Monde (Anne Chemin) 09/05/09 - Ouest France.fr 07/05/09 - Le Figaro Magazine 09/05/09 - Culture loisirs 25/05/09
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