| Revue précédente | Article suivant |
La Synthèse de presse bioéthique du lundi 11 mai 2009
Alerte sur le nouveau dépistage de la trisomie 21
Jean-Marie
Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune et auteur de "La
trisomie est une tragédie grecque" (Salvator, 2009), alerte dans le
Figaro sur les dangers liés à l'imminente intensification du dépistage de la
trisomie 21 en France.
Alors qu'aujourd'hui ce dépistage est proposé au deuxième trimestre de
grossesse, le nouveau dépistage sera, lui, proposé au premier trimestre. A ce
stade, l'amniocentèse étant impossible, il sera proposé de recourir à la biopsie
du trophoblaste (futur placenta) qui induit un taux de pertes fœtales 1,5 à 2
fois plus élevé que pour une amniocentèse.
Rappelons que le dépistage actuel de la trisomie 21 n'est pas dénué de dommages
collatéraux : annonce à tort d'une grossesse épargnée par la maladie (faux
négatifs), crainte inutilement entretenue de la trisomie 21 (faux positifs),
inflation des amniocentèses de confirmation (plus d'une grossesse sur dix) qui
entraînent la perte de deux fœtus sains pour un fœtus trisomique.
Les femmes devront donc choisir entre la biopsie du trophoblaste, plus tôt et
plus risquée pour réduire le temps de leur angoisse, ou l'amniocentèse, plus
tard et moins risquée mais avec un temps d'attente de diagnostic plus long.
Par ailleurs, l'autre inquiétude vient de la disparition du temps de réflexion.
En effet, l'ensemble des examens de dépistage seront faits dans la journée avec
un résultat de la biopsie dans les 48 heures. Comment peut-on alors parler d'un
consentement libre et éclairé de la femme ?
Rappelons que la trisomie est surdépistée. 96% des enfants trisomiques dépistés
sont avortés. L'objectif de ce nouveau dépistage vise donc vraisemblablement à
une "intensification de l'eugénisme".
Et Jean-Marie Le Méné de conclure : "la trisomie 21 n'a-t-elle pas davantage
besoin d'une valorisation des personnes qui en sont atteintes que d'une
stigmatisation de la charge à laquelle on les réduit ? Laissons plutôt les Etats
généraux [de la bioéthique, NDLR] saisir la chance historique qui leur
est offerte : exiger que l'économie et la technique soient au service de
l'humain, et non l'inverse".
Le Figaro 09/05/09
© Copyright Gènéthique - Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse d'articles parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.