Spécialiste
de philosophie politique et de démographie, membre de l'Académie
pontificale pour la vie, de l'Académie pontificale des sciences
sociales, et professeur émérite à l'université de Louvain (Belgique),
Mgr Michel Schooyans évoque, dans Zenit, l'évolution des droits
de l'homme. Nous vous avons présenté la première partie de cette
réflexion dans la synthèse d'hier (cf.
Synthèse de presse du 19/01/09).
Mgr Michel Schooyans affirme que "la
souveraineté des nations n'est plus qu'une simple façade". Ainsi les
Nations-Unies débattent-elles actuellement de l'introduction de
l'avortement en tant que "nouveau droit de l'homme". Si un tel projet
était adopté, "il ne resterait plus à chaque nation qu'à ratifier ces
"nouveaux droits humains" émanant de l'instance suprême". Cela
gommerait la référence aux droits naturels de l'homme et ferait de la
Déclaration un "document juridique purement positif, qui serait
appliqué par toutes les nations adhérant au nouveau texte de la
Déclaration".
Mais, "cela va plus loin"
puisque la Cour pénale internationale "va avoir comme domaine de
compétence de juger les nations ou organismes qui refuseraient de
reconnaître ces "nouveaux droits"". Il y a quelques années, certains
avaient évoqué la possibilité de faire comparaître devant le Tribunal
international le pape Jean-Paul II pour s'être opposé au "droit" des
femmes à l'avortement... "Et c'est pareil dans le domaine de
l'éducation avec l'idéologie du genre (gender)" ; "c'est
l'endoctrinement idéologique à grande échelle, au point que celui qui ne
souscrirait pas à cette idéologie serait pénalisé par une Cour
internationale".
Pour Mgr Schooyans, cette
tendance à vouloir dénaturer la Déclaration s'explique par "une sorte
de perversion de la raison même". "La nécessité de défendre
l'homme, de reconnaître sa dignité, est quelque chose d'accessible à
tout le monde moyennant un bon usage de la raison." La preuve en est
: la loi belge de 1867 criminalisant l'avortement dont les libéraux
étaient à l'origine et non les catholiques.
"La raison humaine
est capable de génie, mais c'est aussi une faculté délicate, vulnérable,
fragile, une faculté qui peut être démobilisée, hibernée. La pire forme
d'esclavage est l'esclavage mental, l'esclavage de la raison, qui
comporte un "bonus" : le naufrage de la foi, car il n'y a pas d'acte de
foi qui ne soit fondé sur la raison", conclut-il. |