Hier,
devant la mission parlementaire sur la révision des lois de bioéthique,
Marc Peschanski, directeur scientifique de l'Institut des cellules
souches pour le traitement et l'étude des maladies monogéniques
(I-Stem), a demandé que la loi autorise la recherche sur l'embryon.
Rappelons que, depuis 2004, la loi
interdit la recherche sur l'embryon mais l'autorise à titre dérogatoire,
pour cinq ans, à condition que celle-ci puisse démontrer son intérêt
thérapeutique. Marc Peschanski a d'ailleurs été le premier à obtenir
l'autorisation, en 2006, d'établir des lignées de cellules souches
embryonnaires.
"Quand le législateur a posé
la dérogation de cinq ans, c'était avec l'idée que cette période
permettrait peut être de montrer que les cellules souches n'avaient pas
l'utilité attendue et que l'on pourrait arrêter l'expérience. Or,
aujourd'hui, personne ne songe à arrêter", estime-t-il.
Pour lui, il faut autoriser ces
recherches sans limite dans le temps et sans finalité thérapeutique.
Dans son argumentation, il a mis en avant le domaine des applications
industrielles : "les industriels de la pharmacie doivent pouvoir
tester les médicaments sur des cellules in vitro, qu'il s'agisse
d'études de toxicologie ou d'efficacité [...]. Les cellules
souches embryonnaires humaines représentent le Saint-Graal, car à partir
d'une seule lignée, elles peuvent proliférer et elles sont
pluripotentes, on peut les différencier en n'importe quel type
cellulaire".
En revanche, le scientifique
n'a pas plaidé pour le clonage thérapeutique estimant
"qu'aujourd'hui, on a une autre solution plus facile que le
clonage". Cette solution, ce sont les cellules iPS, identifiées en
2007 par le chercheur Shinya
Yamanaka (cf.
Synthèse de presse du 21/11/07).
Par ailleurs, André Syrota,
directeur général de l'Institut national de la santé et de la recherche
médicale (Inserm), a expliqué, mardi, que la levée du moratoire sur la
recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines était pour les
chercheurs "l'enjeu majeur" de la révision des lois de
bioéthiques. |