Le
4 décembre 2008, la Chambre des Représentants a adopté un projet de loi
"relatif à l'obtention et à l'utilisation de matériel corporel humain
destiné à des applications médicales humaines ou à des fins de recherche
scientifique". Ce projet a été
préalablement approuvé par le Sénat le 18 juillet 2008 par 42 voix
favorables, 4 absentions et aucune voix contre.
Ce texte a pour objectif de
"réglementer la commercialisation de tout matériel d'origine humaine".
Selon l'article 2 du projet de loi : "pour l'application de la
présente loi, on entend par "matériel corporel humain", tout
matériel biologique humain, y compris les tissus, les cellules, les
gamètes, les embryons, les fœtus, ainsi que les substances qui en sont
extraites, et quel qu'en soit le degré de transformation".
Vendredi 9 janvier, les évêques belges ont élevé la voix contre
ce projet de loi. "Tout ce qui
chosifie l'humain constitue une régression dans le projet de
civilisation humaniste", ont-ils dénoncé alors que la presse belge
s'est tue sur le sujet. Cette définition du "matériel corporel
humain" autorise l'utilisation de l'embryon "quels que soient son âge et
son stade de développement, jusqu'à la naissance". Parmi les
conséquences envisageables, il y a "la production de "fœtus-médicaments"...
Les évêques belges ont expliqué
qu' "être animé de bonnes dispositions ne suffit pas pour poser un
acte moralement souhaitable". Reprenant une déclaration faite en
2006, les évêques ont rappelé que "la science déplace chaque jour les
limites de la médecine (...). Il faut s'en réjouir mais non pas
supprimer les garde-fous. Une frontière morale invisible existe devant
laquelle le progrès technologique doit s'incliner : la dignité de
l'homme".
Enfin, les évêques ont
réaffirmé qu'"à chaque fois que le statut inaliénable de l'humain est
en jeu, tout savoir-faire doit reconnaître son maître. Sans quoi,
l'homme devient vite, et sans trop s'en rendre compte, instrumentalisé
par le fruit de son génie". |