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La
Croix revient sur les récentes auditions des juristes Robert
Badinter, ancien garde des Sceaux (cf.
Synthèse de presse du 18/09/08), et Alain Porthais, professeur de
droit à Lille, par la mission Leonetti, chargée d'évaluer la loi sur la
fin de vie. Le quotidien s'intéresse particulièrement à la question de
l'assistance au suicide : est-elle juridiquement répréhensible ? est-ce
à la société de l'assumer ?
Robert
Badinter et Alain Porthais ont toux deux d'abord affirmé que, si l'on
s'en tient au strict point de vue juridique, l'assistance au suicide
n'est en France pas pénalement répréhensible. Seule la provocation au
suicide peut faire l'objet de poursuites. L'ancien garde des Sceaux n'a
néanmoins pas caché ses réticences quant à la mise en place d'"une
sorte de service d'assistance médicale, qui vous permettrait, en vous y
rendant, d'en terminer, sans qu'il y ait besoin de recourir au service
d'un ami, d'un médecin ami,...".
Jean Leonetti estime pour sa
part qu'il ne revient pas à la société d'assumer cet acte : "le
suicide n'est pas puni, l'assistance non plus", "juridiquement,
ce n'est pas contestable", mais, "pour autant, la société ne
l'organise pas". Citant l'exemple d'une personne atteinte de la
maladie d'Alzheimer qui souhaiterait recourir à une assistance au
suicide, il déclare : "on peut imaginer que son entourage aimant
tente de la dissuader ; le médecin, lui, en a le devoir" ; "quant
à la société, elle n'a pas, à mon sens, à lui donner la recette, ce qui
serait une manière de signifier que son suicide est justifié".
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