Jean
Léonetti, président de la mission parlementaire d'évaluation de la loi
de 2005 sur la fin de vie et le député UMP Michel Vaxès impliqué sur le
dossier, se sont rendus au Royaume-Uni où l'euthanasie et le suicide
assisté sont considérés comme des actes criminels et où les soins
palliatifs sont développés.
Ils ont rencontré les membres
du ministère britannique de la santé à Londres et des spécialistes pour
étudier de plus près de quelle manière l'Angleterre organise, finance et
développe son système de soins palliatifs qui est une priorité de santé
publique chez eux. Ils souhaitaient prendre connaissance de la stratégie
nationale récemment lancée sur dix ans par le gouvernement.
Le Royaume-Uni s'est fixé trois
objectifs : développer l'accompagnement en fin de vie à domicile
(préféré à l'accompagnement en hôpital par les anglais), mieux respecter
les croyances personnelles et garantir dans tout le pays l'accès à un
accompagnement de qualité. Sue Thomas du Royal College of Nursing
qui conseille le gouvernement en matière de bonnes pratiques des
infirmières, affirme par ailleurs que les soins palliatifs font reculer
les demandes d'euthanasie.
Les députés, convaincus après
plusieurs mois d'auditions "qu'il n'est pas opportun de légaliser
l'euthanasie en France", malgré les réflexions soulevées par le cas
de Chantal Sébire, se posent également la question du coût que
représentent les soins palliatifs, assez conséquent selon le General
Medical Council. Mais pour Jean Léonetti, il n'est pas certain que
les coûts soient plus élevés dans un système où l'on offre un service de
soins palliatifs que dans un système qui en est dépourvu.
C'est pourquoi il souhaite voir
se créer un observatoire de la fin de vie pour disposer notamment des
données financières car, entre payer des infirmières, des médecins et
des tentatives de traitements dans certains cas en fin de vie, et
rémunérer un proche par exemple qui quitterait son travail à temps
partiel pour être au chevet du malade, le député trouve que la seconde
solution pourrait être plus avantageuse économiquement. Il a donc lancé
l'idée d'un congé rémunéré pour ces personnes : "sur le terrain de la
fin de vie, l'éthique rejoint la tactique économique", affirme M.
Léonetti. |
Selon
un rapport de la Direction de la recherche, des études, de
l'évaluation et des statistiques (DREES) des ministères de la santé
et des affaires sociales, le nombre global des IVG est relativement
stable depuis 2002 (environ 210 000 par an). En revanche, les chiffres
diffèrent beaucoup selon les tranches d'âge. Il est indiqué que sur
209.700 IVG pratiquées en 2006, près des 3/4 concernent des femmes âgées
de 18 à 35 ans et que le nombre d'IVG est en augmentation chez les
mineures de 15-17ans (elles étaient 848 âgées de moins de 15 ans à
avorter en 2006) alors qu'il a tendance à diminuer chez les 30-34 ans.
Le rapport relève une forte
augmentation des IVG "médicamenteuses", pratiquées jusqu'à la fin de la
5ème semaine de grossesse : elles représentaient jusqu'à 46% de
l'ensemble des IVG en 2006, contre 18% dix ans auparavant. |