Dans
Liberté Politique,
Pierre-Olivier Arduin,
responsable de la commission bioéthique
du diocèse de Fréjus-Toulon, revient sur le processus du bébé-médicament
qu'il juge "inutilement transgressif et scientifiquement inutile".
Rappelons que cette
méthode a pour but de "réussir un enfant dans le but d'en guérir un
autre", en l'occurrence son frère ou sa sœur malade. Pierre-Olivier
Arduin rappelle que la pratique du "bébé-médicament" repose sur la mise
en œuvre d'une fécondation in vitro (FIV) à l'issue de laquelle
on fait un diagnostic pré-implantatoire (DPI) qui a pour but de rejeter,
d'une part les embryons porteurs de la maladie, et d'autre part ceux qui
sont sains mais incompatibles génétiquement avec l'ainé malade. Si l'on
détecte "un bon donneur", celui-ci est réimplanté chez la mère
pour "récolter à la naissance le sang placentaire qui sera administré
à l'enfant malade".
Rappelons qu'en
France, cette pratique est autorisée depuis 2006. Entre juillet 2007 et
juin 2008, sept demandes ont été faites à l'Agence de la biomédecine qui
en a autorisé cinq. Deux tentatives de FIV ont été menées chez l'un des
cinq couples qui pour l'instant n'ont pas permis de grossesse.
Cette pratique
implique la destruction embryonnaire programmée, dénonce Pierre-Olivier
Arduin. Pour les spécialistes, il faut sacrifier au moins 15 embryons
pour espérer avoir 1 enfant sain et immunocompatible. Rappelons que les
autres embryons non implantés sont détruits ou livrés à la recherche.
Par ailleurs, la loi française autorise plusieurs cycles de FIV jusqu'à
ce que les parents obtiennent satisfaction, et ce quel que soit
l'importance du stock d'embryons générés.
Sur le plan
scientifique, Pierre-Olivier Arduin explique que le raisonnement ne
tient pas : en raison du potentiel des cellules souches du sang de
cordon et des stocks disponibles :"tous les patients devant subir une
greffe de sang de cordon trouvent un greffon compatible"
(Lire
en ligne le rapport du Sénat de Marie-Thérèse Hermange). Avec ces
dernières découvertes médicales, il n'est donc plus besoin de passer par
la technique du bébé-médicament pour se procurer du sang de cordon
HLA-compatible.
Pour conclure, Pierre-Olivier
Arduin estime que la technique du bébé-médicament "représente une
aberration sur le plan éthique et est de plus sans aucun intérêt dans le
champ médical". Il s'agit de "l'exemple type du dispositif qui
pourrait être abrogé lors de la prochaine révision de la loi de
bioéthique". |