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A
l'occasion de la sortie de son ouvrage "L'ultime liberté" sur la
fin de vie, Axel Kahn, généticien et président de l'université Paris-V,
a accordé une interview à l'hebdomadaire La Vie. Il s'élève
d'abord contre le fait de présenter le "droit de mourir" [c'est-à-dire
l'euthanasie, NDLR] comme "l'ultime liberté" alors que "les
conditions dans lesquelles on est amené à demander l'euthanasie ou le
suicide assisté ne sont quasiment jamais des conditions de liberté".
"Où est la liberté quand on est le jouet de douleurs tyranniques ?",
interroge celui pour qui il est indispensable avant toute chose de "restaurer
la possibilité d'un vrai choix".
Axel Kahn dit
mener ce combat au nom de la dignité et dénonce l'association faite
entre l'euthanasie et la "mort digne" : "cela signifie que l'on
pourrait, à l'inverse, "mourir indigne"" et, si "une personne
peut elle-même douter de sa dignité jusqu'à vouloir mourir", "la
société ne doit pas renvoyer cette image, ni introduire cette idée dans
la loi".
Il revient
ensuite sur le concept d'"exception d'euthanasie", en faveur duquel le
Comité consultatif national d'éthique (CCNE), dont il était alors
membre, s'était prononcé en 2000. Huit ans après, c'est "un terme
ambigu" que le généticien préfère éviter. "Lorsque la loi
interdit de tuer, il ne me semble pas satisfaisant qu'elle prévoie les
conditions dans lesquelles ce principe excellent peut être battu en
brèche."
Quant à la loi Leonetti, dont certains jugent qu'elle est "hypocrite"
parce qu'elle encadre la possibilité de "laisser mourir", Axel Kahn
estime que si le résultat est le même entre endormir un patient jusqu'à
la fin et lui injecter un produit létal, le geste diffère. "Le geste
du médecin n'a pas pour but d'interrompre la vie, il doit soulager."
Enfin interrogé sur sa propre
mort, Axel Kahn n'exclut pas de se suicider (s'il perdait ses fonctions
intellectuelles) mais, "je ne demanderais pas, alors, à la société de
m'aider ou de cautionner mon choix, ni à la loi de prendre la
responsabilité d'une telle décision". |