Dans
un rapport rendu public hier, Marie-Thérèse Hermange, sénateur UMP de
Paris, dénonce, au nom de la Commission des Affaires sociales du Sénat,
le retard français en matière de stockage de sang de cordon. 20 ans
après la première greffe mondiale de sang de cordon réalisée en France
par le Pr Eliane Gluckman, la France se place au 16ème rang mondial en
matière de collecte de sang de cordon avec 7 000 unités stockées quand
50 000 seraient nécessaires.
Rappelons que les cellules
souches de sang de cordon sont utilisées dans le traitement de plus de
85 maladies hématopoïétiques (leucémies, lymphomes). Elles peuvent
avantageusement remplacer les greffes de moelle osseuse parce que, à la
différence de ces dernières, la greffe de sang de cordon tolère des
différences du système HLA. "Il faut noter que la greffe de sang de
cordon non HLA identique donne d'aussi bons résultats que la greffe de
moelle et, de plus, si le sang de cordon est HLA identique, les
résultats sont même meilleurs que la greffe de moelle", explique
Eliane Gluckman. Plus de 20 000 greffes de sang de cordon ont déjà été
réalisées et ce nombre ne cesse d'augmenter.
C'est pour répondre à ces
besoins que Marie-Thérèse Hermange plaide pour "une politique de
collecte plus ambitieuse" menée "dans le respect des principes
éthiques du don anonyme, gratuit et non dirigé" et pour que le sang
de cordon ne soit plus traité "comme un simple déchet opératoire".
En 2007, 64% des greffons utilisés en France ont été importés ce qui,
avec un coût moyen d'importation de 18 000 €, a entraîné un déficit de
3,6 millions d'euros pris en charge par l'assurance-maladie. Et,
seulement huit maternités sont aujourd'hui habilitées à collecter le
sang de cordon en France. Le rapport préconise donc de compléter cette
activité de collecte par celle de cliniques privées. De même pour les
banques de stockage : aujourd'hui on recense sept banques publiques sur
le territoire français ; le rapport propose d'autoriser le
développement, aujourd'hui interdit en France, de banques privées, à
certaines conditions. Le stockage dans ces banques serait payant et fait
dans une perspective autologue mais, parallèlement, les greffons
seraient inscrits sur la liste nationale et donc susceptibles d'être
utilisés pour des besoins allogéniques solidaires. |