Le
quotidien Le Monde analyse notre façon d'appréhender la mort. "Dans
les sociétés occidentales aseptisées [...] elle a disparu du
paysage quotidien", affirme le chroniqueur qui relève cependant que
des cimetières virtuels, des espaces de soutien ou des lieux
virtuels se multiplient. La philosophe et sociologue Fiorenza Gamba
explique que ces nouveaux phénomènes "agiraient à contre-courant pour
"dire" et accepter la mort, par ailleurs très refoulée".
La revue Etudes d'octobre
2008 expliquait que la société d'aujourd'hui "était engagée dans une
lutte pour en finir avec la mort". Le décès est aujourd'hui
considéré comme un échec scientifique et le fait d'être mortel relève
désormais plus d'une logique événementielle que d'un phénomène naturel.
Désormais, la vieillesse est considérée comme une maladie.
Le philosophe Robert Redeker
explique que la mort est en danger et que "la possibilité
d'une existence humaine indéfiniment prolongée se dessine à l'horizon".
Pour lui les progrès scientifiques sur les cellules souches, la cryonie
ou la transplantation d'organes entraineraient "la mort de la mort". Il
souligne que l'homme moderne perd peu à peu son âme en n'affrontant plus
la mort. "Notre futur s'oriente vers une génération de vieillards à
visages et corps juvéniles", souligne-t-il.
Or, explique-t-il la
philosophie nous enseigne que "l'homme est l'être-pour-la-mort, le
vivant tire son être de son rapport à la mort". La Toussaint nous
rappelle que "pour rester des hommes, nous devons protéger la mort
autant que la vie, assumer le défi de notre mortalité. La disparition de
la mort serait en effet la vraie mort de l'homme", conclut-il.
Chaque article présenté
dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans
la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les
opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.
Le Monde (Robert Redeker)
01/11/08 - Le Monde
(Jean-Michel Dumay) 03/11/08
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