L'Homme
Nouveau revient sur la décision de la Cour de cassation qui a jugé
qu'un fœtus né sans vie (après une mort in utero) peut désormais
être déclaré à l'Etat civil, quels que soient son poids et la durée de
la grossesse
(cf Synthèse de presse du 07/02/08). Cette décision a fait bondir
les gardiens du "droit" à l'avortement, comme ce fut déjà le cas en 2003
avec l'amendement Garraud. Celui-ci avait voulu instituer un délit
d'"interruption involontaire de grossesse". A l'époque, on avait lu dans
le Monde "L'ancien magistrat (Garraud) veut répondre aux
questions qui ne se posent pas. Consoler les femmes qui ont perdu non
pas un enfant, mais une hypothèse d'enfant".
L'Homme Nouveau parle de
"schizophrénie du droit" pour démontrer les contradictions de ces
décisions. Déjà, l'arrêt Perruche qui reconnaissait qu'une mère avait
subi un préjudice parce que l'on n'avait pas tué volontairement son
enfant s'opposait à l'amendement Garraud qui proposait de reconnaître
qu'une femme subit un préjudice parce qu'on lui a tué involontairement
son enfant.
En fait, ces contradictions
montrent combien il est difficile de statuer "devant la peur de
rouvrir le débat sur l'avortement".
Certains scientifiques ont
tenté de résoudre cette question. Pour le professeur Israël Nisand :
jusqu'à 10 semaines, la femme peut nous dire : "je ne veux pas de LA
grossesse" ; à partir de la onzième, elle dira : "je ne veux pas de
CETTE grossesse. A ce moment, ce n'est plus seulement un problème de
droit des femmes mais dorénavant, de droit des femmes, du foetus et des
médecins. Il existe des droits du foetus....".
Quant au professeur Claude
Sureau, dans son ouvrage "Son nom est personne - Avant de naître
l'enfant est-il une chose, un amas de cellules ou un patient ?"
(Albin Michel) il propose "d'établir une distinction entre la
personne, constituée à et par la naissance, et l'"être prénatal",
embryon et fœtus, ni personne ni chose, et constituant une troisième
catégorie du droit." "Cette éventualité ne doit pas être absurde,
pourtant, puisqu'elle fut évoquée, non pour l'"être prénatal", hélas,
mais pour les animaux de compagnie. A la demande de l'ancien garde des
Sceaux, Dominique Perben, une magistrate vient en effet de remettre un
rapport sur le "statut" dont il serait opportun de faire bénéficier ces
animaux. Ce rapport évoque comme une éventualité non déraisonnable et
juridiquement acceptable, l'idée de créer pour ceux-ci cette troisième
catégorie du droit que je réclame pour les fœtus humains."
Pour le professeur Jérôme
Lejeune qui s'est battu pour la reconnaissance du statut de l'enfant à
naître : "le jour ou le premier innocent fut tué légalement dans le
ventre de sa mère, ce jour là le virus qui paralyse la morale (et le
droit) a infecté la société".
A
l’occasion du 14ème anniversaire de la mort du professeur Jérôme Lejeune, une grande Messe pour la Vie
est célébrée, le jeudi 3 avril 2008 en l’église de La Trinité à Paris, à 19h.