Responsable
de la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon, Pierre-Olivier
Arduin analyse l'affaire Chantal Sébire. Il explique que depuis le
début, "l'affaire est orchestrée par l'Association pour le droit de
mourir dans la dignité (ADMD) qui croyait tenir dans le cas de
cette femme de 52 ans, le moyen de relancer le débat sur la légalisation
de l'euthanasie et de porter un coup fatal à la loi Leonetti."
Il rappelle que
des protagonistes de l'affaire, l'avocat de Chantal Sébire et le médecin
qui se disait prêt à lui injecter le produit, sont adhérents de
l'association."Comment ne pas condamner l'instrumentalisation de la
détresse légitime d'une femme pour légaliser l'euthanasie"?,
s'interroge-t-il.
Il rappelle
qu'en rendant son ordonnance, le tribunal de grande instance de Dijon a
expliqué que la demande de Chantal Sébire s'opposait à la législation,
au code de santé publique, au code de déontologie médicale, au code
pénal et à la Convention européenne des droits de l'homme.
Pierre-Olivier
Arduin rappelle également que Nicolas Sarkozy avait voulu s'assurer que
tout avait été mis en place pour soulager les souffrances de cette
femme. Or, il était proposé à la malade de recourir à une sédation
palliative. "Cette sédation fait partie des bonnes pratiques en fin
de vie", explique-t-il. "Elle consiste, en cas de symptômes
douloureux réfractaires, à induire une baisse de la vigilance de la
personne, en utilisant des moyens pharmacologiques adaptés que les
praticiens des soins palliatifs maîtrisent avec à-propos".
Marie-Sylvie Richard, chef de service des soins palliatifs à la maison
médicale Jeanne Garnier, rappelle que "l'objectif de la sédation est
d'aider le malade à passer le cap [...] et ne vise que le
soulagement du malade. Provoquer volontairement la mort ne relève pas du
soin, pratiquer une sédation réfléchie et appropriée, oui". Certes,
la sédation peut parfois accélérer le processus du mourir. "L'effet
bon et premier délibérément recherché est de calmer la souffrance tandis
que l'effet secondaire non voulu mais prévu et accepté comme un risque
peut être une précipitation du décès", souligne Pierre-Olivier
Arduin.