Marie
de Hennezel, psychologue, auteur du rapport "La France palliative"
et grande spécialiste des soins palliatifs réagit dans Le Monde à
tout ce qui a pu se dire sur la loi Leonetti. Elle dénonce les
contre-vérités dites sur cette loi et sur les réponses que peuvent
apporter les soins palliatifs dans les souffrances extrêmes.
Elle explique,
comment en sa qualité de psychologue, elle a été témoin de "fins de
vie extrêmement douloureuses, et de détresses aux limites du
supportable", de situations similaires à celle de Chantal Sébire.
Ces personnes, explique-t-elle, exprimaient le désir de mourir et Marie
de Hennezel reconnaît avoir connu "le sentiment qu'il peut être plus
humain d'accéder au vœu de mourir de celui ou de celle qui n'en peut
plus". Mais, ajoute-t-elle "nous ne pouvions donner délibérément
la mort à nos patients [...] parce que notre mission était d'être
plus le créatif possible pour trouver des solutions aux solutions les
pires". Elle témoigne alors : "nous endormions la personne, grâce
à une sédation contrôlée, et nous encouragions les proches à
l'accompagner dans une veille pleine de douceur"."On sait que les
paroles d'amour dites au mourant l'aident à partir" explique-t-elle.
Quant à l'entourage, "leur deuil ensuite était marqué par
l'apaisement et un sentiment d'accomplissement".
"Ce dont je
témoigne là, n'a rien à voir avec l'acte de donner la mort. Même si la
mort est au bout, il s'agit d'accompagner et de laisser mourir",
explique-t-elle. Elle oppose cette mort douce à la violence et à la
brutalité d'une injection létale que revendiquent les partisans de
l'euthanasie.
Pour elle, la
loi Leonetti, n'est pas suffisamment connue et encore moins appliquée.
Dans son rapport "La France palliative" adressé à Roselyne
Bachelot en septembre 2007, elle dénonçait "l'inégalité de la
diffusion de la culture palliative dans notre pays" et le manque de
moyens pour la mettre en place. Mais, rappelle-t-elle, ce rapport
faisait aussi état "d'initiatives intéressantes dont on pourrait
s'inspirer" et de propositions concrètes. Elle conclut en
rappelant que ces mesures "supposent la volonté politique de faire de
cette pédagogie de la loi, une priorité."