L'ex-époux
de Chantal Sébire et père de Mathilde, leur fille de 12 ans, a adressé
un communiqué à la presse pour défendre l'image de sa fille : "je
n'accepte pas que l’image de notre fille soit utilisée dans le cadre de
cette campagne médiatique à l’occasion de laquelle la souffrance d’une
femme a été instrumentalisée à des fins politiques".
Il demande aux
journalistes de retirer les photos de Mathilde et indique qu'il a chargé
un avocat "d’engager toute poursuite à l’encontre de ceux qui
feraient usage de l’image de ma fille et porteraient atteinte à sa vie
privée et familiale ou qui utiliseraient sa douleur d’enfant, pour
promouvoir l’idéologie d’associations militantes".
Par ailleurs,
samedi soir, les enfants de Chantal Sébire ont demandé aux médias de
respecter le deuil après la mort de leur mère dans une lettre lue par un
journaliste, dans l'émission "Revu et corrigé" : "nous, les enfants
de Madame Chantal Sébire, n'avons réalisé aucune déclaration depuis le
décès de notre maman sous quelque forme que ce soit. Par conséquent,
nous déclarons aujourd'hui que tout commentaire, article, information et
reportage diffusés depuis le 19 mars 2008 au soir l'ont été sans notre
accord." Ils ont demandé "à l'ensemble des médias de (les)
laisser faire (leur) deuil dans la paix, la dignité et l'intimité".
"Nous ne souhaitons pas nous exprimer davantage, nous ne souhaitons pas
être dérangés, non plus" concluent-ils.
En effet, cette
affaire a été fortement médiatisée et l'on a pu réaliser à cette
occasion l'énorme pouvoir d'influence exercé par la télévision dans le
débat sur "l'exception d'euthanasie". Remarquons que les
opposants à une évolution de la législation n'ont jamais pu faire valoir
leur argument. Au contraire, la plupart des émissions diffusées étaient
largement favorables au prétendu "droit à mourir dans la dignité"
et entretenaient la confusion entre "indignité" humaine et
dégradation physique ou entre "l'aide à mourir" et le suicide
assisté.
Plusieurs
reportages consacrés à Chantal Sébire semblaient s'ingénier à forcer le
jugement du public : des gros plans sur la main du médecin qui tenait la
main décharnée de Chantal Sébire ou des commentaires sur la nécessité
"d'accompagner la malade par un geste d'amour" pour faire comprendre
qu'il fallait lui donner la mort. Enfin, l'avocat de Chantal
Sébire, Me Antonowicz, vice-président de l'Association pour le droit
de mourir dans la dignité (ADMD) n'était jamais présenté comme un
militant de la cause de l'euthanasie alors qu'il l'est.
Pour le
journaliste Pierre-Yves Le Priol du quotidien La Croix "c'est
vers une forme subtile de manipulation que la machine télévisuelle se
sera laissé entraîner, ces derniers jours".
Enfin, dans le
journal Le Monde, on apprend que c'est l'ADMD, qui transmettait
chaque jour à Chantal Sébire les demandes d'interviews. A la fin,
explique Jean-Luc Romero, son président : "Chantal devenait
paradoxale, elle nous disait un jour qu'elle ne voulait plus d'interview
[...], et le lendemain, on se rendait compte dans la presse qu'elle
en accordait encore".