Marie
de Hennezel, psychologue, spécialiste de la fin de vie, a remis, il y a
quelques semaines, à Roselyne Bachelot, un rapport sur les soins
palliatifs intitulé "La France palliative". Elle y dénonce
l'insuffisance des moyens dans ce domaine.
Alors que Nicolas Sarkozy avait
annoncé qu'il ferait du développement des soins palliatifs, l'une de ses
priorités, les équipes ne constatent, pour l'instant, aucune amélioration.
Aujourd'hui, toutes les régions
disposent d'une unité de soins palliatifs, mais Marie de Hennezel
rappelle que "les refus d'admission [...] concernent en
moyenne deux malades sur trois" et "qu'il faudrait "au moins une
unité par département".
Si les soins palliatifs ont été
renforcés dans les services de cancérologie, rien ne semble avoir été
fait dans les centres de gériatrie. Par ailleurs, elle dénonce que le
numéro azur "Accompagner la fin de la vie, s'informer, en parler"
(0811 020 300), installé par Philippe Douste-Blazy, en mai 2005, pour
répondre aux questions sur la fin de vie, n'ait pas été soutenu par une
campagne de communication.
Pour le docteur Bernard
Devalois du service de soins palliatifs de Puteaux, "c'est mieux qu'il
y a 15 ans, mais je peux vous dire que je refuse quatre fois plus de
malades que je n'en admets".
Enfin, le docteur Emmanuel
Debost, médecin traitant de Chantal Sébire, rappelle que "la loi
Leonetti de 2005 a permis une évolution dans la prise en charge des fins
de vie [...] mais n'a absolument pas répondu au problème de
l'euthanasie, qui concerne le plus souvent des patients en pleine
conscience".
Il rappelle que d'après
l'Association pour le développement des soins palliatifs, "dans 95%
des cas, un patient cesse de demander l'euthanasie après avoir été
transféré dans un unité de soins palliatifs", preuve que la société
a bien pris conscience de ce problème. Mais de s'interroger sur les 5%
restant, pour lesquels il souhaite un "débat politique et citoyen
afin de combler le vide juridique existant".