Le
président du tribunal de grande instance de Dijon doit se prononcer
aujourd'hui sur le cas de Chantal Sébire, cette femme de 52 ans atteinte
d'une tumeur incurable et qui a demandé "le droit" d'être
euthanasiée. La malade a déjà annoncé qu'en cas de rejet, elle ne ferait
pas appel. Rappelons que la semaine dernière, le procureur de la
République de Dijon a requis "l'irrecevabilité de la requête"
lors de l'audience en référé devant le tribunal de grande instance
(cf Synthèse de presse du 14/03/08).
Chantal Sébire
a assuré qu'en derniers recours, elle choisira d'aller en Suisse où le
suicide assisté est autorisé. "Je sais maintenant comment me procurer
ce dont j'ai besoin, et si je ne me le procure pas en France, je me le
procurerai ailleurs", a-t-elle expliqué.
Chantal Sébire
a accepté vendredi, la proposition faite par le conseiller santé de
Nicolas Sarkozy qui lui propose d'être examinée par un collège de
professionnels qui donneront un nouvel avis sur la question.
Quant à
l'avocat de Madame Sébire, il a estimé que l'arrêt de la Cour européenne
des droits de l'homme (CEDH) qui, en 2002, n'avait pas reconnu
l'existence d'un "droit à mourir", n'interdisait pas aux Etats
d'opter pour l'euthanasie, comme le démontrent les législations des
Pays-Bas, de la Belgique et du Luxembourg. Il a fait valoir que le
suicide n'étant plus réprimé depuis le Code Napoléon de 1810, aucune
jurisprudence n'avait abouti à la condamnation d'une personne qui aurait
aidé à l'accomplissement d'un tel acte.
Pour les
spécialistes des soins palliatifs, l'euthanasie n'est jamais une
solution : "même dans ces cas extrêmes, l'expérience montre qu'il y a
des leviers de vie sur lesquels on peut s'appuyer".
Enfin,
l'archevêque de Lyon, Mgr Philippe Barbarin a rappelé que les malades
atteints de maux incurables "ont besoin de notre compassion, de notre
présence et d'une infinie délicatesse pleine de silence et de respect.
Mais, il ne faut jamais légiférer sous le coup de l'émotion" a-t-il
conclu.