Le
3 mars dernier, le gouvernement indien a annoncé qu'il verserait 5 000
dollars aux mères qui donnent naissance à une fille. Cette mesure vise à
limiter le nombre d'infanticides et d'avortements sélectifs. Baptisé
"Déesse de la prospérité" le programme prévoit d'étaler le versement
de la subvention sur 18 ans
(cf Synthèse de presse du 06/03/08). Le gouvernement espère ainsi
sauver 100 000 filles à naître en 2009.
En Inde, on
compte, en moyenne, 927 petites filles pour 1000 garçons et, dans l'Etat
du Penjab, ce chiffre passerait à 798 filles pour 1000 garçons. L'ONU
parle de "60 millions de filles manquantes en Inde". En 1994, les
autorités ont interdit aux médecins de révéler le sexe du fœtus lors des
échographies, mais la pratique de la détermination prénatale reste de
mise. En 2006 et 2007, plusieurs dizaines de cadavres féminins ont été
retrouvés près d'un hôpital du Penjab et à proximité d'une clinique de
New Delhi.
Rappelons qu'en
Inde, la tradition veut que le fils reçoive et transmette
l'héritage et que ce soit lui qui s'occupe des parents jusqu'à leur
mort. La femme, elle, part vivre dans sa belle famille en échange d'une
dot.
Dans un premier
temps, ce programme sera destiné aux familles les plus défavorisées,
mais les associations peinent à croire à l'efficacité de la mesure. La
ministre à la Condition des femmes espère en l'efficacité de cette
mesure et répond à ses détracteurs : "vous préféreriez que d'autres
bébés filles soient assassinées?".